Lors de la conférence de presse de ce lundi, Alexander De Croo a fait un point sur la situation épidémiologique belge à coup de données scientifiques, laissant présager qu'un assouplissement des mesures ne serait pas à l'ordre du jour lors du prochain comité de concertation, malgré plusieurs demandes en ce sens. Interrogé sur la question, le Premier ministre a confirmé: "Les scientifiques disent que l'on doit rester prudents durant le mois de mars, car l'impact des variants n'est pas encore clair. C'est un message. Restons prudents en mars."

"Cela ne veut pas dire que rien n'est possible durant ce mois de mars", tempère tout de même Alexander De Croo, qui se veut rassurant. "Avec la vaccination, le déconfinement ce n'est pas pour demain, mais on le voit à l'horizon, au mois d'avril, au mois de mai. Cela dépend de l'évolution qu'on verra dans les semaines qui viennent".

Si le gouvernement se refuse à lâcher la bride tout de suite, c'est en raison de la hausse des hospitalisations de ces derniers jours et du variant britannique, a avancé Alexander De Croo. "On voit que depuis quelques jours, le nombre d'hospitalisations augmente. On voit que les variants représentent entre 30 et 40% de tous les tests qu'on fait. Donnons-nous 3 semaines pour voir les impacts", a-t-il réitéré.


Des premiers allègements en avril ?

"Je sais qu'on demande des perspectives et pour la première fois, sur des bases scientifiques, on peut dire que durant le mois d'avril, on pourra faire des pas en avant qui seront significatifs", a annoncé le Premier ministre, alors que l'exécutif est souvent accusé de ne pas prendre en compte le mal-être psychologique des Belges. "Pour le moment, quand on voit que la situation reste délicate, j'essaie d'écouter les scientifiques et de leur permettre de mettre tous les éléments sur la table. C'est un signe qu'on prend les gens au sérieux en donnant tous les faits pour que les gens puissent juger eux-mêmes", s'est-il défendu.

L'homme politique libéral a tout de même tenu à relativiser sur la situation en Belgique: "Je comprends et ce n'est clairement pas une situation facile. Cela dure longtemps et on en a tous assez. Mais si on compare notre situation avec celle d'autres pays, on voit que dans d'autres pays, les mesures sont beaucoup plus dures".

Quant à l'interdiction des voyages, pour laquelle la Belgique est pointée du doigt par l'Europe, Alexander De Croo a précisé que la question sera abordée lors du comité de vendredi : "C'est une mesure temporaire pour éviter qu'on amène trop de mutations du virus. Il y aura un comité de concertation vendredi, et le gouvernement prendra des décisions."