Au lendemain d'un Comité de concertation très attendu, Alexander De Croo a rappelé, comme l'a déjà fait son ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, pourquoi la date du 8 mai et non celle du 1er mai avait été choisie pour l'ouverture des terrasses. "Il y a une bonne raison pour laquelle on le fait le 8 mai. La différence, c'est une semaine en plus : une période durant laquelle 500.000 personnes supplémentaires seront vaccinées dans les groupes les plus vulnérables. Si on regardait uniquement les chiffres des soins intensifs, on devrait attendre car la situation reste très pénible...Mais, je pense que l'on peut prendre ces décisions parce que l'on voit que l'on a un sol stable sous les pieds qui est cette campagne de vaccination. C'est elle qui nous autorise à regarder le futur, mais il faut quand même prendre le temps qu'elle puisse avoir son effet", a martelé Alexander De Croo.

Interrogé ensuite sur la question de savoir ce qu'il répond aux restaurateurs et aux bourgmestres qui envisagent une ouverture coûte que coûte dès le 1er mai, le Premier ministre est resté évasif. "Ce que l'on fait en 2021 en Belgique c'est que l'on écoute, on explique et on trouve une solution ensemble", a-t-il ainsi défendu avant de demander : "Tout le monde doit garder la tête froide. Si on fait un pas en arrière, si on regarde ce que l'on a fait sur une période d'un an, on se rend compte que l'on a fait des choses d'incroyables. On a pu par exemple maîtriser cette troisième vague que certains annonçaient exponentielle. Est-ce que pour une période d'attente de 8 jours on veut mettre tout cela en péril? "

Alexander De Croo a ensuite fait part de sa volonté que les décisions du Codeco soient respectées. "Quand le Codeco prend une décision, c'est un équilibre où l'on est naturellement attentif à ce qu'il se passe dans les hôpitaux (...) mais d'un autre côté on n'est pas non plus sourd. On entend les gens qui nous disent qu'ils aimeraient pouvoir développer leurs activités, etc. Quand le Codeco prend une décision, elle doit être respectée et on travaillera avec les bourgmestres pour qu'elle le soit...mais ce n'est pas un bras de fer", a-t-il soutenu.

Un autre point qui soulève les interrogations depuis hier, notamment celles d'experts comme Marc Van Ranst et Erika Vlieghe, c'est la question de la conditionnalité des mesures annoncées pour le 8 mai (plan plein air, terrasses, fin du couvre-feu,...). En effet, si pour la suite des assouplissements prévus après juin le Codeco a avancé qu'il faudra être repassé au-dessous de la barre des 500 patients en soins intensifs, aucun seuil pour les USI n'a été donné pour l'échéance précédente. Alexander De Croo a répondu qu'il s'agirait que le niveau soit moindre, tout simplement meilleur qu'hier.  "Aujourd'hui on est à un niveau élevé même si ce n'est pas celui que l'on a vu durant la première et la deuxième vague. Ce que l'on voit depuis une semaine et demie, et c'est le résultat des vacances de Pâques, c'est que le taux d'hospitalisations est en dégressivité constante". La pression encore forte sur les unités de soins intensifs s'explique pour le Premier ministre par le décalage entre les chiffres des hospitalisations, des cas et ceux des soins intensifs. "Toutes les indications nous montrent que la pression va diminuer."

Le Premier a conclu son interview télévisée positivement en affirmant : "Le plus important c'est que l'on a pris une décision prudente et réaliste. On a fait confiance à la population et je suis convaincu que la population va l'utiliser avec responsabilité".