Le nouveau gouvernement prévoit d'augmenter de neuf à onze le nombre de casinos autorisés en Belgique. Il permettra également aux navires de croisière internationaux qui disposent d'un casino ou de jeux de hasard de continuer à les exploiter dans nos eaux territoriales, peut-on lire dans l'accord conclu jeudi entre les quatre partis de la coalition suédoise. "Ces mesures sont poussées par la N-VA", réagit Emmanuel Mewissen, président du groupement des concessionnaires de casinos belges. "C'est un secret de polichinelle que Bart De Wever souhaite un casino à Anvers", poursuit-il. "Anvers demande un casino depuis de longues années", confirme également Etienne Marique, le président de la Commission des jeux de hasard.

Le paragraphe concernant les navires de croisière serait lui aussi une demande du président de la N-VA. "Anvers voudrait que les bateaux de croisière remontent l'Escaut", explique Etienne Marique. Actuellement, les bateaux équipés de jeux de hasard s'arrêtent en effet à Amsterdam plutôt qu'à Anvers en raison de notre législation restrictive, relève-t-il. Or, d'après lui, "quand un navire de croisière accoste en ville, ce sont 3 à 4.000 personnes qui débarquent et dépensent environ 100 euros par jour".

Emmanuel Mewissen, qui représente les 9 casinos du pays et dirige lui-même ceux de Namur et Spa, se réjouit que le gouvernement s'intéresse au secteur, "mais j'ose espérer qu'il n'agira pas sans se pencher sur le modèle socio-économique des casinos", insiste-t-il. Tous les casinos du pays sont en perte depuis deux ans (quatre ans en Wallonie), rappelle le CEO. Autoriser deux nouveaux établissements aura forcément des conséquences sur ceux existants.

"La France, le Luxembourg et les Pays-Bas cannibalisent nos frontières. Il y a par exemple un casino à Breda, à 15 minutes d'Anvers. Je comprends qu'on veuille rapatrier l'argent en Belgique. Mais on aurait pu simplement autoriser les casinos actuels à se déplacer", estime-t-il. "Il va falloir rééquilibrer le modèle. Les charges fiscales et para-fiscales qui pèsent sur nous sont devenues intenables."

En juillet dernier, Etienne Marique avait écrit aux formateurs pour leur demander "une politique de limitation et de rationalisation du marché des jeux de hasard". Il ne cache pas qu'il nourrit de sérieux doute sur l'opportunité du projet gouvernemental.

En ce qui concerne Bart De Wever, certains pourraient voir d'un mauvais œil ses exigences concernant l'attribution d'un nouveau casino à Anvers. Ce jeudi, le nationaliste flamand a déjà été "critiqué" pour avoir quitté les négociations à bord d'une... Porsche. (Tous les détails en cliquant ici)