Au mois d'août, elles avaient déjà obtenu gain de cause dans une procédure en suspension pour les licences de la première entreprise. Les armes de la FN devaient être livrées à la Garde nationale impliquée dans le conflit au Yemen. Les associations - la Coordination Nationale d'Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD), la Ligue des droits humains (LDH) et Vredesactie avec le soutien de la section francophone d'Amnesty International- veulent désormais en obtenir l'annulation définitive. Elles avaient en revanche été déboutées pour les licences visant des tourelles de char produites par John Cockerill et destinées à la Garde royale. Elles n'avaient notamment pu prouver l'implication de cette unité dans le conflit au Yemen.

"Nous demandons l'annulation des licences concernant les armes qui doivent être livrées à la Garde nationale, mais également celles qui concernent la Garde royale. Selon les recherches menées par Vredesactie, la Garde royale serait notamment impliquée dans la répression de voix dissidentes, à la fois en Arabie saoudite et à l'extérieur du pays, comme cela pourrait avoir été le cas avec l'assassinat du journaliste Jamal Khasshoggi", ont-elles expliqué.

Qui plus est, il est peu crédible, selon elles, que la Garde royale soit la seule destinataire des tourelles de char. "Le nombre total de véhicules blindés destinés à la Garde royale est tout simplement énorme par rapport au nombre d'hommes qui la composent, ce qui peut laisser supposer que ces véhicules servent en réalité à d'autres unités de l'armée saoudienne. Ces armes pourraient ainsi se retrouver au Yémen, théâtre d'un terrible conflit auquel l'Arabie saoudite est partie, étant à la tête d'une coalition responsable du reste de crimes de guerre", ont-elles affirmé.