Politique belge

Le Premier ministre Charles Michel dément "avec force" chercher à conclure un grand accord avec l'opposition de gauche afin que son gouvernement minoritaire en affaires courantes puisse boucler plusieurs grands dossiers comme le budget 2020, le nom d'un successeur au 16 rue de la Loi - M. Michel est appelé à présider le Conseil européen dès le 1er décembre - et la désignation du commissaire européen attribué à la Belgique.

"Le Premier ministre se concentre entièrement sur les affaires courantes. Le gouvernement démissionnaire ne peut compter que sur 38 sièges à la Chambre. Cette histoire est un non-sens complet", a réagi le porte-parole de Charles Michel.

Pourtant, les affirmations rapportées ce mercredi par De Tijd et L'Echo confirmaient des informations données mardi par La Libre.

Selon De Tijd et L'Echo, au vu du refus de la N-VA de coopérer, le Premier ministre en reviendrait aux plans qu'il avait dessinés en décembre dernier au moment du départ des nationalistes flamands du gouvernement: M. Michel voulait alors constituer une majorité de rechange au Parlement avec l'appui du PS pour avancer sur certains dossiers.

Celui qui est aussi président du MR a également constaté l'émergence de la "coalition Dewael", expression utilisée par le PS Paul Magnette pour désigner la majorité de circonstance constituée - sans la N-VA ni le Vlaams Belang mais avec les socialistes et les écologistes - pour placer l'Open Vld Patrick Dewael à la présidence de la Chambre.

En considérant la place que prendraient Didier Reynders, Kris Peeters ou Wouter Beke dans les scénarios (commissaire européen, Premier ministre), les libéraux francophones compteraient surtout sur le CD&V si toutefois ce parti ne se "scotche" pas à la N-VA. Restée au balcon, cette dernière se dit choquée par les manœuvres de Charles Michel.

La Libre expliquait ce mardi que, si l’impasse au fédéral devait se prolonger plusieurs mois, la Belgique devrait désigner son commissaire sans coupler cette fonction avec l’attribution du 16, rue de la Loi. Il est vrai que plus un pays traîne à proposer son commissaire européen, plus il est probable que le portefeuille de compétences obtenu soit d’un intérêt médiocre. En clair, les autres États membres passeront avant et rafleront les matières les plus stratégiques… Les responsables politiques belges ont conscience de ce danger. Voilà pourquoi, en coulisse, des scénarios circulent déjà pour éviter une telle situation...