Rudy Demotte (PS) a été plus que clair, ce matin, sur la RTBF. "Le PS et la N-VA, ce n'est pas possible", a affirmé celui qui avait été préformateur aux côtés de Geert Bourgeois (N-VA). "Ce n'est pas une voie, ce n'est pas une option".

"On est dans une cohérence par rapport aux déclarations de Paul Magnette ces derniers jours", analyse Pierre Vercauteren, politologue et professeur à l'UCLouvain Mons. Le président du PS avait notamment, dimanche, affirmé que la N-VA ne faisait "aucun geste", et qu'il se "heurtait à un mur".

Aujourd'hui, Rudy Demotte semble donc fermer la porte. "Mais l'est-elle à 100%? Pas sûr", estime Pierre Vercauteren. "On est plutôt dans une partie d'échecs entre PS et N-VA. Les socialistes se positionnent face aux nationalistes flamands en leur laissant deux voies possibles. Soit cette pression constitue un poids dans les négociations entre les deux partis, soit elle pourrait pousser la N-VA à fermer elle-même définitivement la porte, lui faisant porter le chapeau de l'échec."

"C'est aussi une manière pour le PS de mettre sous pression les informateurs royaux", poursuit le politologue, "pour qu'ils ne traînent pas trop dans un scénario dans le sens d'un gouvernement avec la N-VA. Le PS doit également sentir qu'il y a une forte valse d'hésitations parmi les partis flamands et veut en profiter. La position des socialistes francophones n'aide pas ces derniers, qui sont pris en tenaille. Pour le CD&V ou l'Open VLD, ce n'est pas une situation facile car prendre ses distances avec la N-VA et entrer dans un gouvernement sans eux, c'est prendre le risque d'être sanctionné lors des prochaines élections." 

Les yeux sont donc désormais surtout tournés du côté néerlandophone, alors que les travaux des informateurs Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V) se poursuivent en attendant leur premier rapport, le 20 décembre.