Attention, les médias proposent et les négociateurs disposent La presque totalité des résultats du présent baromètre a été collectée en Wallonie (comme en Flandre) avant l’annonce d’un accord sur BHV autour du formateur Di Rupo. Ce déblocage belgo-belge, direz-vous, n’a pas de quoi peser sur les rapports de force internes entre les quatre grands partis sudistes, puisqu’ils sont pareillement liés aux négociations ? Minute, il peut bénéficier à celui, le formateur, qui y a le plus visiblement la main et à son PS de parti. Surtout, le divorce qui s’ensuit au MR ne manquera pas de chambouler les cartes à Bruxelles, mais pourrait aussi quelque peu modifier le paysage politique wallon. Bref, la situation qui suit est, plus que jamais sans doute, le cliché d’un moment.

Le sondage n’est pas sans intérêt pour autant lorsqu’on y voit, en intentions de votes, le PS wallon renforcer son leadership en l’espace de trois mois, sous l’effet conjugué de deux mouvements contraires, à l’amplitude moyenne mais comparable : + 1,5 pour les socialistes, - 1,8 pour les réformateurs.

C’est là, pour le PS, un deuxième progrès consécutif, qui le voit revenir à hauteur de ses derniers résultats électoraux (les intéressants 37,6 % aux législatives de juin 2010). Et c’est, pour le MR, un deuxième tassement consécutif, qui le voit passer sous ses derniers résultats électoraux (les décevants 22,2 de juin 2010).

Pas besoin d’avoir fait maths sup’ pour comprendre que l’ascendant du PS sur le MR a, par conséquent, progressé. Sur un semestre, la variation est même significative : de 9 % en mars à 11,9 en juin et 15,2 en septembre.

Derrière l’inaccessible duo de tête, CDH et Ecolo font comme d’habitude désormais : ils se tiennent dans un mouchoir de poche. Tous deux progressent légèrement cette fois, aux alentours chacun de 1 %.

Les humanistes prouveraient par là que leurs catastrophiques 10 % de mars 2011 en Wallonie étaient un accident s’ils ne retrouvaient pas, dans le même temps, pareil score à Bruxelles (pages suivantes). Quant aux verts, s’ils paraissent se distancier de leur mauvaise position des élections de 2010 (12,3 %), ils sont bien éloignés encore de celle des régionales de 2009 (18,5) qui avait eu l’effet sinon le don de les rendre incontournables.