Un commentaire de Johanne Montay, rédactrice en chef de la cellule politique de la RTBF.

Tout change, rien ne meurt. Ovide, dans ses Métamorphoses, illustre bien notre baromètre RTBF-La Libre-Dedicated. La N-VA, annoncée en chute libre une semaine plus tôt par un autre sondage, reste forte, puissante. Elle reprend même du galon. Question de momentum.

D’abord, les faits : la N-VA fluctue au gré des baromètres, mais elle reste extrêmement puissante. Elle avait accusé une baisse sévère de 7 points au mois de mai (32,8 %). La voici remontée de 2,7 points pour atteindre le niveau de 35,5 %. Oui, vous lisez bien ! Elle remonte, la N-VA. Elle aurait même aujourd’hui 6 élus de plus qu’en 2010, soit 33 députés. Un sondage où elle baisse, puis une semaine plus tard, un sondage où elle monte ? Vous n’y comprenez plus rien ? C’est normal ! Nous, oui. Et nous savons pourquoi.

La période de sondage est plus récente et plus parlante : les sondés ont été interrogés entre le jeudi 29 août et le lundi 2 septembre. Pile à la rentrée politique. A titre de comparaison, la fiche technique du “Grand Baromètre Ipsos” indique un sondage entre le 16 et le 25 août 2013, période de vacances et d’inactivité politique.

Notre baromètre sonde l’opinion juste au moment où Siegfried Bracke s’exprime en cavalier seul sur une participation possible de la N-VA à un gouvernement fédéral, sans exigence de confédéralisme. Propos recadrés, d’ailleurs, par Bart De Wever, le président de parti, lundi dernier.

Cette coïncidence médiatique a ramené la N-VA à la Une de l’actualité, juste au moment de notre sondage. C’est donc bien une photographie de l’état de l’opinion publique, à un moment donné.

Ce mini-drame N-VA a aussi permis de rappeler que, dans ce parti, il y en a pour tout le monde : Bracke séduit les amis de l’économie de droite; Bart, les amis de la nation flamande. Et les amis de l’économie libre sont d’ailleurs plus nombreux que les indépendantistes flamands. Ceci se retrouve dans nos chiffres.

Le recoupement

Ce sondage confirme les chiffres recueillis officieusement en interne à la N-VA. Tous les partis réalisent des sondages pour leurs propres besoins. La N-VA n’y échappe pas. Sa dernière prise de pouls de l’opinion remonte à la veille des vacances d’été et les chiffres y étaient similaires aux nôtres.

La cote de popularité

Quand un parti chute, son leader en ressent généralement les effets, en termes de popularité. Or, nous pouvons déjà vous assurer que Bart De Wever reste bien l’homme politique le plus populaire de Flandre, devant Kris Peeters. Il gagne 2 points pour atteindre 40 % de popularité.

La N-VA reste incontestablement puissante. Le parti le plus puissant de Flandre. Avec 28,4 % aux élections législatives de 2010, elle reste constamment en hausse à chaque baromètre électoral. Son poids varie, mais sa puissance demeure. 35,4 %, il y a un an, en novembre; 39 % en février 2013; 32,8 % en mai. 35,5 % aujourd’hui. La N-VA est donc revenue à son niveau électoral d’il y a un an. Les états-majors francophones ne doivent donc pas trop vite faire la ola ! Même pris dans des contradictions sur leurs objectifs premiers, institutionnels, ou socio-économiques, les nationalistes flamands gardent toujours un potentiel d’électeurs au-delà des 30 %.