Le président de la N-VA, Bart De Wever, souhaite que la formation d'un gouvernement fédéral ait comme point de départ les entités fédérées, a-t-il expliqué dimanche sur le plateau de VTM. 

Les chargés de mission royale, Patrick Dewael (Open Vld) et Sabine Laruelle (MR), feront rapport lundi au Roi. Les présidents de la Chambre et du Sénat ont éprouvé les possibilités de mettre sur pied une coalition rassemblant les socialistes, les écologistes, les libéraux et le CD&V. Mais jusqu'à présent, les chrétiens-démocrates flamands ne se sont pas ralliés à cette formule et répètent qu'ils veulent une coalition reposant sur une majorité des deux côtés de la frontière linguistique, c'est-à-dire avec la N-VA.

Le CD&V a lancé ce week-end une consultation en ligne de ses membres, notamment sur le point de savoir ce qu'ils pensent de cette position politique.

"Je crois que ce parti est mis sous forte pression", a souligné M. De Wever qui espère que les militants du CD&V rejetteront le scénario "Vivaldi" (socialistes, libéraux, écologistes, CD&V). "Si le CD&V interroge sa base et que cette base confirme que le respect de soi est important, cela sera un fait. Nous pourrons alors passer à un autre registre la semaine prochaine, avec une autre initiative".

Selon lui, il faudra alors laisser la main aux entités fédérées (entendez la Flandre et la Wallonie) pour former un gouvernement fédéral. "Il faut rénover la boîte. On doit partir des niveaux qui fonctionnent bien et ce sont les entités fédérées", a-t-il expliqué. "En Wallonie, il y a un gouvernement que la Wallonie trouve bon, parce qu'elle a voté pour lui. En Flandre, il y a un gouvernement que nous trouvons bon car nous avons voté pour lui. Ces deux-là ont la responsabilité de gérer ensemble la boutique".

M. De Wever juge qu'inévitablement, le PS et la N-VA devront se retrouver à la même table. Il n'envisage d'ailleurs de remplir une mission royale que si c'est en compagnie du président du PS, Paul Magnette. Mais à ce jour, l'intéressé s'y est toujours refusé.

Le président nationaliste se montre toujours amer à l'égard de l'Open Vld. Il se sent "mis sur le côté" par les libéraux flamands qui n'excluent pas la formule "Vivaldi" et espère que l'élection présidentielle des Bleus, à la fin mars, provoquera un changement de cap.