Si Bart De Wever (N-VA) a récemment fermé la porte à toute alliance politique avec le Vlaams Belang, il fut un temps où les deux plus grands partis de Flandre semblaient envisager de faire cause commune. Après les élections de mai 2019, Bart De Wever, en tant qu'informateur lors des négociations en vue de constituer un gouvernement régional flamand, s'était en effet longuement entretenu avec Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang.

Dans une interview accordée à Het Laatste Nieuws, le nationaliste flamand est revenu sur cet épisode. 

"Il y a eu trois pourparlers, mais ce n'étaient pas de véritables négociations", tempère le président de la N-VA. "J'avais l'impression que Tom Van Grieken voulait vraiment gouverner en 2019. Je n'avais jamais vu une telle volonté de la part du Vlaams Belang". 

Bart De Wever dévoile ensuite certaines des thématiques abordées avec le leader du parti d'extrême-droite: "Tom Van Grieken a montré qu'il était très conscient du fait que le passé de son parti et que certaines déclarations de ses membres pouvaient compromettre la participation du Vlaams Belang au gouvernement flamand. Nous avons discuté de cela très concrètement".

Le président de la N-VA révèle même que, face à ces différents obstacles, Tom Van Grieken était prêt à expulser certains membres de son parti pour arriver à ses fins et ainsi monter dans le gouvernement régional: "J'ai eu l'impression que c'était le plan", déclare De Wever. "Mais pour être clair, je ne lui ai jamais demandé de faire cela".

"Sur la base des bons résultats du Vlaams Belang aux dernières élections, je ne pouvais pas fermer la porte à ce parti, car il était bel et bien démocratique", poursuit De Wever. "J'ai alors demandé à Tom Van Grieken s'il était prêt à passer des paroles aux actes. Il a ensuite clairement évoqué la possibilité d'évincer certains membres de son parti pour pouvoir prendre part au gouvernement. Mais depuis, rien ne s'est passé. C'est une grande déception pour moi", avoue le président de la N-VA.