"Pourquoi ne parvenez-vous pas à vous faire entendre ?”, lance dimanche le journaliste Pascal Vrebos sur le plateau de RTL-TVI à Bénédicte Linard (Ecolo), Ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles. En cause, le fait que la Culture n’ait pas obtenu d’avancées majeures lors du dernier Comité de Concertation (Codeco). “Nous avons travaillé tant avec le secteur que les autres ministres de la Culture en Belgique et au moment du Codeco, j’ai appris que le ministre de la Culture Jan Jambon, qui siège au Codeco où je ne suis pas, a décidé de postposer la relance pour l’été”, rétorque la ministre. Pour elle, le ministre flamand N-VA est le principal responsable de cet atermoiement qui désespère beaucoup de professionnels du secteur.

Une position délicate

Et si la ministre a eu un peu de mal à en placer une au début de l’échange, elle devait aussi réussir, justement, à répondre à sa position relativement épineuse : comment soutenir les revendications du secteur sans décrédibiliser les décisions gouvernementales ? Elle a d’abord réitéré son intention de ne pas priver de subventions les lieux culturels qui ouvriraient sans autorisation. Le mouvement Still Standing for Culture, qui rassemble des acteurs culturels de Bruxelles et de Wallonie, avait confirmé à l’issue du Codeco maintenir sa programmation culturelle dite “de reprise” entre le 30 avril et le 8 mai. “La situation est difficile pour eux, ce n’est pas l’heure des sanctions”, avance-t-elle. Pourtant, les professionnels de l’Horeca qui agiraient de la sorte devraient se voir priver du droit passerelle. “Je ne suis pas ministre de l’Horeca. Mais je ne vais pas supprimer de subventions”, réplique la ministre.

“Mon rôle n’est pas de manifester”

La ministre a donc joué un jeu d’équilibriste délicat. Elle se dit “légaliste”, soutient que les professionnels du secteur ont le droit de s’exprimer face à ce qu’ils estiment injuste mais qu’il faut tout de même respecter les règles. Elle estime avoir été minorisée sur cette question mais ne jette pas pour autant l’éponge. “Je ne fais pas de promesses que je ne peux pas tenir […]. Mon rôle n’est pas de manifester mais de continuer à travailler avec le secteur”, a-t-elle affirmé.

Pour rappel, le secteur culturel avait déposé en début de semaine dernière un plan progressif de déconfinement qui tenait compte de l’évolution de la situation sanitaire. Ce plan proposait notamment d’autoriser, à partir du 8 mai, des événements rassemblant 200 personnes en extérieur et 100 personnes en intérieur. Il avait reçu le soutien de Bénédicte Linard et de Jan Jambon. Mais ce plan n’a finalement pas été retenu par le comité de concertation, qui a par contre confirmé la mise en place du “plan plein air”. Celui-ci ne prévoit que des activités en extérieur jusqu’à 50 personnes.