Le ministre des Finances, Alexander De Croo, a donné son accord à une constitution de partie civile de l'État belge dans le dossier des Dubaï Papers, a indiqué mardi l'administrateur général de l'Inspection spéciale des Impôts (ISI), Frank Philipsen, devant la commission des Finances de la Chambre.

Une enquête a été ouverte en France à la suite de révélations dans la presse sur l'existence d'un vaste réseau de blanchiment de fraude fiscale à l'échelle internationale qui s'est noué à partir du début des années 2000 autour du groupe Helin basé aux Émirats arabes unis.

Le fondateur de cette société est un ressortissant belge, le prince Henri de Croÿ, déjà poursuivi en Belgique pour fraude fiscale avant d'être acquitté en 2015 par la Cour d'appel de Liège.

Avocats rabatteurs ?

Les noms de deux avocats belges sont également cités - Thierry Afschrift et Arnaud Jansen - qui auraient joué le rôle d'apporteurs d'affaires pour Helin, selon des informations publiées par Paris-Match Belgique. Cependant, Arnaud Jansen, par l'intermédiaire de son avocat Jean-Pierre Buyle, "conteste formellement avoir été avocat rabatteur et/ou apporteur de clients pour Helin".

D'après l'Echo et De Tijd, une cinquantaine de Belges ont confié au prince, au cours de la période allant de 2002 à la fin de l'an dernier, des sommes pouvant s'élever à 13 millions d'euros par client.

Le parquet fédéral a ouvert une information judiciaire sur ce réseau. L'Office central de la Délinquance économique et financière (OCDEFO) a été chargé de l'enquête. Un magistrat fédéral s'est rendu à Paris le 13 septembre dans les locaux du parquet national financier. Les documents utiles seront transmis aux autorités judiciaires belges dès qu'une expertise informatique aura pu isoler tous les renseignements concernant la Belgique, avait indiqué le 23 octobre le ministre de la Justice, Koen Geens, en réponse à des questions parlementaires.