Dans le débat sur les Provinces, le délégué général du MR a une position très dure.

Si le MR est réservé lorsqu’on aborde la suppression des Provinces, ce n’est pas le cas du sniper du parti, Georges-Louis Bouchez. Le délégué général du MR propose leur mise à mort, les Provinces emportant avec elles les fonctions de gouverneur. "A titre personnel, explique-t-il. Il faut avancer sur la suppression des Provinces. L’institution avait du sens en 1830 mais ce n’est plus le cas. Il faut s’adapter… Il y a eu la création des Régions et des Communautés ! Au MR, il y a des courants différents sur la question, oui. Mais il n’y a pas de justification à garder un niveau de pouvoir qui fait la même chose que les autres niveaux."

"Une rémunération extrêmement élevée"

Le jeune libéral, chargé de provoquer des débats au sein de sa formation politique, allume directement le pouvoir et le statut des gouverneurs de Province. Les libéraux Hervé Jamar, gouverneur de Liège, et Denis Mathen, gouverneur de Namur, apprécieront… "Pour moi, même si on ne supprimait pas complètement les Provinces, les fonctions des gouverneurs ne justifient de toute façon pas le statut accordé à ce poste. On peut s’interroger : nomination jusqu’à la pension, rémunération extrêmement élevée… Tout cela pour gérer des missions de coordination de sécurité et quelques réunions officielles. La suppression des gouverneurs n’est pas possible comme telle car ils ont des missions déléguées de l’autorité fédérale. Mais il faut déjà, alors, faire évoluer les choses . En particulier sur les nominations à vie."

"Un logement, un chauffeur…"

Le délégué général du MR pointe encore d’autres avantages incombant à la fonction de gouverneur : "Ils ont un logement de fonction, une voiture avec chauffeur, un cabinet… Il faudrait s’intéresser au cabinet du gouverneur de la Province du Hainaut (Tommy Leclercq, PS). Je ne sais pas ce que ces gens font sur une journée. Au quotidien, leurs réalisations ne crèvent pas les yeux. Il faut mettre tout cela sur la table. En politique, si le citoyen lambda ne sait ce qu’il se passe dans une institution, alors, il y a un problème d’acceptation. Pourquoi payer des impôts quand on ne sait pas à quoi l’argent est utilisé ? Tout cela, c’est de l’argent public."

"Les Provinces ne sont plus des enjeux"

Pour en revenir à la suppression des Provinces, Georges-Louis Bouchez veut s’inscrire dans la ligne de Charles Michel lorsqu’il était ministre wallon en charge des Pouvoirs locaux (de 2000 à 2004). "Je m’inscris dans la vision maximaliste qui était la sienne. Rester avec cette institution qui fait un peu d’enseignement, un peu de gestion de voiries, un peu de culture, là, je ne comprends plus. Les Provinces ne sont plus des enjeux dont on parle lors des élections. Et le fait, pour certains élus provinciaux, de ne plus se sentir surveillés par le contrôle démocratique peut engendrer des difficultés."