C’est le second tour : Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme se feront face jusqu’au 29 novembre, date du dépouillement des résultats de la phase finale des élections internes au MR. Ils veulent succéder à Charles Michel et se sont engagés dans une âpre lutte. Tactiquement, l’une des clefs de la victoire repose sur leur capacité à attirer à eux le vote des libéraux les plus progressistes, ceux qui, singulièrement, ont voté au premier tour pour Christine Defraigne (14 % des voix). Éliminée mardi dernier, cette dernière avait livré son diagnostic politique : “Si l’on additionne mes résultats à ceux de Philippe Goffin et de Clémentine Barzin (également éliminés), cela prouve l’existence d’un réel courant social et progressiste au sein du MR.

Suspens…

Ces derniers jours, Philippe Goffin et Clémentine Barzin ont appelé leurs partisans à accorder leur vote à Georges-Louis Bouchez mais l’ancienne présidente du Sénat n’a pas voulu afficher de préférence. Va-t-elle favoriser l’un des deux candidats ? Elle garde sa décision en suspens.

Or, à plusieurs reprises, Christine Defraigne a réclamé la reconnaissance par le MR d’un courant progressiste en son sein, mais en vain. Lui donner satisfaction à ce sujet pourrait l’amadouer… Quelle est la position des candidats au second tour des présidentielles libérales ? “L’un des grands enseignements du premier tour, c’est le résultat du courant libéral social et progressiste, analyse Denis Ducarme. Si je suis élu président du MR, je veillerai à ce que ces libéraux progressistes se sentent à nouveau bien au sein du Mouvement réformateur. Pour cela, il faut respecter les sensibilités. Il faut donner à ce courant la possibilité de se structurer s’il le souhaite.”

Georges-Louis Bouchez se dit également ouvert aux libéraux les plus centristes mais introduit quelques nuances. “Pour créer un courant ou un parti, il faut structurer cela sur un penseur de référence, sur des éléments de philosophie politique. Que les libéraux sociaux se nomment ainsi parce que le “social” les intéresse, cela me semble un peu court. Le reste du parti s’intéresse tout autant au social. Il faut un élément objectif pour identifier ce courant avant toute chose, tout comme le MCC (de Gérard Deprez), par exemple, est identifié au personnalisme chrétien au sein du MR. Mais je suis tout à fait ouvert à ce qu’un courant progressiste existe.