L'ancien président du sp.a, Bruno Tobback, n'y a pas été par quatre chemins ce matin sur les ondes de La Première.

D'entrée de jeu, à la question de savoir s'il tendait la main à la N-VA, la réponse ne s'est pas fait attendre. "Non". Il a précisé ne pas avoir changé sa position. Il n'exclut pas les négociations avec la N-VA, mais n'a pas changé de position, dit-il, au nom du parti. Seul le Vlaams Belang est exclu, pour les socialistes flamands.

"Bart De Wever, même après avoir perdu spectaculairement de votes après les élections, a toujours ce pouvoir d'hypnotiser la presse flamande et la politique flamande. Mais s'il veut dire quelque chose, on est prêt à écouter (...). Le sp.a n'a pas de leçons à donner", précise-t-il. Avant d'ajouter un peu plus tard : "à mon avis, ce qu'a proposé Bart De Wever n'a rien de sérieux. Il est en train d'essayer de freiner, avec la collaboration des infor-machins, de faire trainer".

"Les infor-machins" ?

Le journaliste Thomas Gadisseux a rebondi directement sur ce terme d'"infor-machins", laissant entendre que Bruno Tobback n'a que peu d'estime pour le travail de Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V). "Vous savez ce qu'ils font, vous ?" répond Bruno Tobback, ironiquement.

Contacté par nos soins, Bruno Tobback a réaffirmé que le terme "infor-machins" était dû à une situation de stress alors qu'il ne s'exprimait pas dans sa langue maternelle. Mais, sans doute, cela reflète tout de même le fond de sa pensée: le travail des deux informateurs n'est pas suffisant, peu constructif.

Quelle coalition ?

La piste de la coalition "Diable rouge", qui associerait N-VA, sp.a, CD&V, PS et MR serait possible pour Bruno Tobback, mais il affiche sa préférence pour une coalition de centre gauche avec Groen. "La Belgique a besoin d’une coalition de centre gauche. Ce serait étonnant que le sp.a ne veuille pas participer à une coalition qui n’est pas de centre gauche. La Belgique en a besoin. Surtout après les gouvernements très à droite des dernières années, ce qui a mené à la faillite de l’Etat belge et de la sécurité sociale…"

Un "scénario de con"

A savoir si le sp.a pourrait remonter dans le gouvernement flamand, Bruno Tobback a été clair. "C’est un scénario de con". Ils n’y a pas de majorité solide dans ce scénario et la politique flamande actuelle ne correspond pas aux idées de l’ancien président du sp.a. "Avec la politique que mène Jan Jambon, avec le budget qu’ils ont fait, il n’en est pas question. Je ne vois pas ce que le sp.a ferait là-dedans". Punt aan de lijn, serait-on tenté de dire.

Pour conclure, Bruno Tobback assure être convaincu qu’il est possible de former un gouvernement fédéral, "mais à condition de faire du travail sérieux". Ce qu’il remet clairement en cause.