Les liaisons qu'ils assurent sont considérées comme plus rentables. Les nouveaux avions seront moins bruyants et moins polluants. Ils permettront de joindre certaines destinations aux Etats-Unis, qui ne pourront être jointes depuis des bases de la Lufthansa, société-mère de Brussels Airlines, comme Francfort ou Munich.

Devant les députés, le ministre a rappelé les grands points de l'accord conclu avec Lufthansa annoncé le 21 juillet. La Belgique fera un prêt de 290 millions d'euros sur 6 ans tandis que la société allemande allouera 170 millions, dont 70 millions pour financer le plan de restructuration de Brussels Airlines et 100 millions dans le capital.

Les négociations n'ont pas permis à la Belgique d'entrer dans le capital de la compagnie. "Lufthansa ne voulait pas d'un autre actionnaire", a indiqué M. De Croo.

A partir de 2022, si le capital de l'entreprise continue à s'affaiblir, le crédit pourra devenir un certificat bénéficiaire, et ainsi renforcer la solvabilité de celle-ci.

Deux administrateurs belges désignés par l'Etat belge siégeront par ailleurs au conseil d'administration. Ils n'ont pas encore été choisis.

"Pour ce genre de fonction, nous allons choisir des gens avec une expérience et un réseau importants dans le monde économique. Ces gens ne vont pas s'ennuyer, ils auront beaucoup de travail. Ces deux personnes doivent garantir que le business plan soit exécuté", a souligné le ministre.

Un comité stratégique sera également créé et présidé par l'un des deux administrateurs désignés par l'Etat belge.

Un mécanisme en cascade a été élaboré en cas de conflit, passant par la désignation d'un expert neutre, le CEO de la compagnie et un des représentants de l'Etat belge, un médiateur et enfin la Cour internationale de médiation et d'arbitrage de Genève. Si le conflit concerne le non respect des engagements financiers, il sera porté directement à Genève.

Des questions continuent à se poser chez plusieurs députés à propos du plan social qui sera mis en oeuvre, non seulement à propos des pertes d'emploi mais également des conditions de travail à venir, certains redoutant une "Ryanairisation" de Brussels Airlines. Les écologistes ont également regretté des engagements environnementaux peu voire pas contraignants.

"Rien n'est mentionné sur les accords de Paris (neutralité carbone d'ici 2050), sur la diminution des émissions de CO2, sur la fiscalité ou sur les vols de courte distance. C'est très insuffisant", a souligné Gilles Van den Burre (Ecolo-Groen).

Le PTB a quant à lui estimé que la solution pour l'entreprise passait par un contrôle public, comme l'a fait le gouvernement portugais pour la TAP.