Le Premier ministre belge Elio Di Rupo a contextualisé jeudi soir l'objectif de déficit de 2,15% du PIB cette année, à l'issue d'un sommet européen et à l'avant-veille d'un nouveau conclave budgétaire difficile. Cet objectif a été fixé quand la croissance était attendue à 0,7%, a-t-il dit, laissant entendre implicitement qu'une croissance plus faible pouvait justifier un assainissement moindre.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 ont passé en revue jeudi soir leur stratégie socio-économique commune, sur fond de grogne sociale et de croissance en berne, voire de récession dans certains pays.

Selon M. Di Rupo, les 27 s'entendent sur la nécessité de "poursuivre les travaux d'assainissement", mais "pour la première fois" le besoin de croissance est pris en compte de façon plus significative. Le climat a changé au sein du Conseil européen, a-t-il noté. "Quand je suis arrivé et que je parlais de relance, on me regardait comme si j'étais d'une autre planète".

Interrogé sur la trajectoire budgétaire de la Belgique, le Premier ministre a louvoyé pour ménager ses partenaires de sa coalition, mais il a souligné que les gouvernements disposaient d'une marge de manoeuvre sur leurs engagements européens, pour autant que le déficit soit inférieur à 3% du PIB.

Van Rompuy confiant dans la relance de l'économie fin 2013

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a une nouvelle fois défendu jeudi soir la politique menée par l'Europe pour lutter contre la crise.

Il se dit confiant dans une reprise de la croissance économique fin 2013, début 2014. Les dirigeants européens ont réaffirmé leur stratégie, a indiqué Herman Van Rompuy à la fin de la première journée du sommet européen. "Mais le chômage, et surtout le chômage des jeunes, se trouve au centre de nos discussions, plus que jamais."

Aucune décision n'a été prise lors du sommet concernant de nouvelles mesures destinées à relancer le marché du travail. Tous reconnaissent toutefois que la mise en place du pacte de croissance européen, qui fournit un cadre pour les mesures au niveau national, doit se faire plus rapidement. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, s'en est surtout plaint.

Le président du Conseil européen a expliqué que pour avoir plus d'emplois il fallait surtout plus de croissance économique. Il pense, en se basant sur les données de la Banque Centrale Européenne et de la Commission, que l'économie va reprendre fin de cette année ou début de l'année prochaine.

"Nous ne pouvons vraiment prendre aucun risque avec la stabilité financière. Mais au sein de ce cadre nous prenons un large éventail de mesures qui, nous l'attendons, doivent ramener la croissance."