Ces dernières semaines, s’il y a une partie de la note qui a beaucoup bougé, c’est bien celle relative à la trajectoire budgétaire. Si, au début du mois de septembre, le postulat de départ était encore de 3 % de déficit en 2024 – on rappelle qu’on attend un déficit public de 7,6 % environ cette année – et d’un retour à l’équilibre en 2030, la dernière version de la note acceptée par tous – y compris le MR de Georges-Louis Bouchez -, plus rien de tout cela. Le retour à l’équilibre en 2030, qui n’engage en réalité pas grand-monde, est toujours bien présent, mais pour le reste, rien, nada. Or, dans l’accord qui se dessine au niveau gouvernemental, on ne trouve que des postes de dépenses, pas de recettes. 

Et comme sur le plan fiscal, rien ne verra le jour – pas de nouvelles taxes -, la question, légitime, peut se poser : qui va payer la revalorisation des pensions (à 1500 net) et surtout la réforme des soins de santé (norme de croissance de 2,5 % avec un effet de base de 1,2 milliard d’euros en revalorisations) ? La réponse, donc : personne. Ou plutôt, c’est la croissance. En fait, les « 7 » se sont entendus sur deux grands principes : d’abord, toute réforme de la prochaine législature, comme cela avait été initié durant la Suédoise, devrai être neutre sur le plan budgétaire. Ensuite, dès que la croissance économique réelle de l’économie belge par rapport au PIB de 2019, on met de côté pour rectifier la trajectoire budgétaire. Une sorte d'effort variable est donc prévu d'année en année en fonction de la reprise économique et du niveau réel de croissance.

Ce n’est pas idiot, mais même si le rebond de la croissance en 2021 devrait être costaud (6,5 %) après une année 2020 cataclysmique, on sait déjà que la différence sera maigre d’après les dernières projections du Bureau du Plan. Bref, les conclaves budgétaires, une fois n'est pas coutume, seront déterminants! Les dernières projections économique ont beau être moins pessimistes qu’escompté, le retour à une croissance « normale », pour ne pas dire « anémique », se fera en effet rapidement, en 2023. A quelques encablures d’une nouvelle campagne électorale pour 2024, qui rebattra à nouveau les cartes… 

Certes, dans la note, on parle d'une réforme fiscale pour... 2024. On retrouvera aussi, évidemment, comme dans chaque programme gouvernemental, et lors de chaque conclave, la lutte contre la fraude fiscale, et cette fameuse taxe sur les géants du net que l'Europe ne parvient pas à imposer, mais structurellement, il n'y a encore rien de prévu. Bref, comme attendu, cette législature servira surtout à panser les plaies de la crise actuelle...