Dimanche, il a émis quelques propositions afin d'adoucir le style autocratique qu'on lui reproche (un comité des sages encadrerait son travail) mais, manifestement, cela ne suffit pas. Avant la réunion, Sabine Laruelle, notamment, a fait part de sa perte de confiance totale à l'égard de Georges-Louis Bouchez. De manière anonyme, d'autres "barons" du MR nous confirment qu'ils ne changeront plus d'avis : ils veulent que Bouchez soit débarqué.

Vu ce climat, le bureau de parti (toujours en cours) a démarré de manière extrêmement tendue. "C'est très dur", confirmait ce matin un acteur de cette pièce tragique.

Jean-Jacques Cloquet, secrétaire d'Etat

C'est le grand déballage en réunion : chacun a exprimé ses griefs à l'égard de l'attitude du président libéral ces dernières semaines. Par exemple, il a tenté d'offrir le poste de secrétaire d'Etat (qui finalement a été attribué à Mathieu Michel, frère de Charles Michel) à Jean-Jacques Cloquet, l'ancien patron de l'aéroport de Charleroi et actuel directeur opérationnel du parc zoologique Pairi Daïza. Il lui aurait également promis une bonne place sur les listes MR aux prochaines élections. "Tout cela sans se concerter avec les Hennuyers", peste un libéral qui participe au bureau.   

Autre exemple dénoncé en bureau de parti à l'égard de "la dérive autocratique" de Georges-Louis Bouchez : "Il vend les mêmes postes deux fois ! Par exemple, il a proposé la présidence du MR International à Philippe Goffin et à Denis Ducarme. C'est trop, plus personne ne peut se taire", explique un poids lourd du parti. 

Toutefois, personne n'aurait demandé ouvertement le départ du président. "La question de sa démission plane sur la réunion, note un participant, mais c'est à Georges-Louis de prendre sa décision."

Des soutiens pour Bouchez

Georges-Louis Bouchez reçoit également des soutiens, nuance un libéral. Parmi les "fidèles" qui s'expriment ce matin en faveur du président, on retrouve Gérard Deprez, Richard Miller et Vincent Dewolf. Sophie Wilmès, vice-Première ministre serait également à classer parmi les libéraux non-hostiles à l'actuel président. Un soutien de poids. 

Et que va faire Georges-Louis Bouchez ? "Tout le monde a compris qu'il ne va pas démissionner", confie un membre du bureau. 

Par ailleurs que, après plusieurs heures de discussions intenses, la tension est redescendue d'un cran, les participants à la réunion libérale ayant pu crever l'abcès. Georges-Louis Bouchez pourra rester en place, glissent certains "barons" MR. Toutefois, sa manière de travailler devra être encadrée. 

Création d'un G5 ou d'un G7

Georges-Louis Bouchez doit formuler pour ce soir des propositions d'adaptation des structures décisionnelles du parti. Ce week-end, il avait proposé la création d'un G5, une sorte de groupe des sages qui prendrait les décisions les plus délicates (Georges-Louis Bouchez + Alexia Bertrand + Willy Borsus + Sophie Wilmès + Pierre-Yves Jeholet). Mais cet organe devrait être élargi également à Jean-Luc Crucke et à Denis Ducarme (il s'agirait donc d'un G7). 


Ce lundi soir, une réunion du groupe interparlementaire du MR va se tenir et devrait examiner les propositions émanant de Georges-Louis Bouchez (elles devraient être formulées dans l'après-midi). 

Durant le bureau de parti, Georges-Louis Bouchez a formulé ses excuses à plusieurs reprises pour son attitude dans la confection du récent casting ministériel lié à la mise en place du gouvernement De Croo et qui avait mis le feu aux poudres.