Marie-Christine Marghem (MR), la ministre fédérale de l'Energie, a finalement communiqué les chiffres d'Elia, le gestionnaire du réseau de transport, sur le risque de pénurie d'électricité qu'encourt la Belgique cet hiver.

Il apparaît que notre pays aurait besoin d'une réserve stratégique d'une capacité comprise entre 1600 et 1700 MW pour passer l'hiver sans encombre. Passer l'hiver sans encombre signifie que la durée des coupures d'électricité n'excède pas la limite fixée par la réglementation: à savoir 3 heures dans des conditions normales, et 20 heures dans des conditions extrêmes (une année sur vingt).

En outre, Marie-Christine Marghem affirme avoir trouvé 750 MW entre la finalisation des calculs par Elia et aujourd'hui. En retranchant ces 750 MW, il manque donc toujours entre 850 et 950 MW pour passer l'hiver.

Ce déficit représente, grosso modo, la capacité d'un réacteur nucléaire (à l'exception de Doel 1 et 2 qui sont plus petits). Va-t-on anticiper l'entretien de Tihange 1 afin que le réacteur soit de retour plus tôt, et qu'il soulage notre pays une partie du mois de novembre? Pour rappel, Tihange 1 est censé être mis à l'arrêt du 20 octobre au 29 novembre, en vue d'un rechargement du combustible.

Cela semble être le souhait de Madame Marghem. «Nous allons voir dans quelle mesure des entretiens peuvent être organisés différemment dans le temps afin de pouvoir récupérer encore, si c'est possible, de la capacité en plus au départ du parc de production d'Engie», avait-elle indiqué à la Chambre.

Contactée par nos soins, l'Agence de contrôle nucléaire indique que Tihange 1 est le seul réacteur, parmi les six sur le flanc en novembre, dont le planning d'entretien pourrait éventuellement être modifié. De son côté, Electrabel confirme qu'une adaptation à la marge est à l'étude. «Nous étudions la possibilité d'optimiser l'entretien de Tihange 1, explique Anne-Sophie Hugé, porte-parole d'Electrabel. Mais la marge de manoeuvre est très réduite ».

Quoi qu'il arrive, un retour anticipé de Tihange 1 ne permettrait de soutenir le réseau qu'en novembre. En effet, les calculs d'Elia prennent déjà en compte le retour de Tihange 1 après le 29 novembre.

Par ailleurs, Elia indique dans ses commentaires que la Belgique devrait pouvoir importer suffisamment d'électricité depuis l'étranger au mois de novembre. En revanche, les mois de janvier et de février sont les plus à risque en raison de la baisse des capacités disponibles à l'étranger.

"En janvier et février, la situation semble moins positive", indique Elia.

Précisons que tous ces calculs prennent aussi en compte le retour de Doel 1, Doel 2 et Doel 4 au mois de décembre. En cas de pépin avec l'un de ces trois réacteurs (ou avec Tihange 1), les besoins en capacités seraient donc plus importants que 850 à 950 MW...

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