Catherine Fonck, la cheffe de groupe CDH à la Chambre, se dit tout d’abord soulagée de la mise sur pied du gouvernement De Croo  : “ J’ai envie de dire :Enfin ! On a un gouvernement’. Parce qu’après deux années de politicaille et de spectacle pathétique au niveau politique, c’était vraiment important.”

Si l’humaniste souligne quelques éléments positifs sur le contenu de l’accord, tels que la santé mentale, le refinancement de la justice et de la police ou la lutte contre la pauvreté, elle met tout de même le doigt sur certaines incohérences, bien trop nombreuses à ses yeux : “Il y a une réelle cacophonie autour de la pension notamment, mais également sur le plan climatique. Il semble que le gouvernement enrobe les futures mesures et que chaque parti les présente en fonction de ce qui l’intéresse.” La cheffe de groupe réclame dès lors plus d'honnêteté de la part du futur gouvernement: "Pour être franche, les premières quarante-huit heures ont soulevé des interrogations sur la sincérité et le 'discours-vérité' du gouvernement. Le Premier ministre a parlé de confiance ce jeudi lors de sa déclaration, mais la confiance, ça ne se décrète pas, ça se construit avec les citoyens".

Catherine Fonck préfère donc rester prudente : “À ce stade-ci, on accorde le bénéfice du doute à ce gouvernement, mais avec des interrogations multiples et une demande forte de cohérence et d’efficacité, pour répondre aux défis avec des objectifs crédibles.”

Constructivisme et vigilance

Dans l’opposition, la cheffe de groupe assure que le CDH jouera un rôle constructif, mais que son parti fera également preuve de vigilance afin de ramener la vérité et la transparence au cœur des débats: "On votera positivement les mesures, les propositions et les projets qui sont constructifs et qui ne sont pas enrobés par du marketing politique. Mais pour le reste, on fera notre job de vigilance et de contrôle du gouvernement". 

Interrogée sur le casting du nouveau gouvernement, Catherine Fonck dit apprécier sa nature paritaire, mais souligne l'importance d'avoir des ministres qui sont avant tout compétents: "Ce qui m'intéresse, c'est que les ministres maitrisent déjà - ou travaillent pour maîtriser très rapidement - leurs sujets, et que ce soient des gens de dialogue".