Personne ne lui reprochera d’avoir regardé la crise sanitaire du Covid-19 en se croisant les bras. Personne ne lui reprochera non plus d’être venue à la commission spéciale du Parlement wallon consacrée à la gestion du Covid-19 par le gouvernement en étant très bien préparée. L’opposition PTB-CDH attendait la ministre Christie Morreale (PS) au tournant, avec des questions légitimes, en particulier sur la gestion de la crise dans les maisons de repos wallonnes. Elle a livré son récit, reconnu quelques couacs et répondu avec méthode à presque toutes les questions qui lui ont été posées. Que les réponses plaisent ou non à l’opposition, qu’ils la croient ou pas, elle a eu le mérite de presque tout aborder, ligne du temps et rappel de certains faits parfois oubliés à l’appui.

Par contre, on retiendra quand même aussi que la question de la régularité du marché public pour la désignation du consortium en charge du tracing (le même, à quelques nuances près, pour les trois Régions du pays) n’était pas élucidée. Mais aussi que la virulence de la crise dans les maisons de repos n’est pas encore bien comprise. "Pourquoi a-t-elle été 8 à 9 fois plus forte dans les maisons de repos que dans les institutions qui accueillent des personnes handicapées et où il y a aussi des facteurs de comorbidité ? Là-dessus il y a clairement quelque chose à approfondir", a-t-elle expliqué. Elle a cependant livré son analyse sur les difficultés rencontrées par les maisons de repos. "Je précise tout d’abord que c’est un phénomène international. Les résidents sont des gens âgés, fragiles et ils vivent dans un milieu fermé. Pour 42 % des résidents, les mesures de distanciation physique étaient presque impossibles. On constate aussi que ce sont souvent des bâtiments anciens, ce qui ne facilite pas les choses. Mais j’insiste aussi sur le fait qu’à une époque, les experts considéraient que les personnes asymptomatiques ne transmettaient pas le virus. Cela a changé ensuite. On peut donc penser que le virus était déjà là bien avant les premières décisions."

Le testing a tardé

Il était également reproché à la ministre d’avoir tardé avant de mettre en place le testing dans les maisons de repos. Elle a détaillé, chronologie à l’appui, sa réelle responsabilité sur cette question. Elle a expliqué la répartition des compétences entre les différents niveaux de pouvoir en ajoutant qu’il serait peut-être bien de mettre en place sur ce sujet, "un protocole plus en phase avec la dernière réforme de l’État". À ce sujet, elle a par ailleurs rappelé la lenteur "des laboratoires, la pénurie de réactifs et d’écouvillons". Sur cette question d’ailleurs, "Emmanuel André m’a expliqué à l’époque qu’il était plus difficile de se procurer des écouvillons que des masques". Et cette responsabilité est du ressort du niveau fédéral.

Lorsque 6 000 tests ont enfin été donnés par le fédéral à la Wallonie, la ministre a décidé de tester seulement le personnel. Pourquoi ce choix ? "Après discussions avec les experts, nous avions le choix de tester 10 personnes par maison de repos ou de tester le personnel uniquement. Nous avons fait ce choix-là. De plus, cela permettait de ramener dans les maisons de repos, le personnel écarté parce qu’il n’avait pas pu être testé."