Ludivine Dedonder (PS) a exclu vendredi de démissionner à la suite de la cavale armée d'un militaire répertorié comme "extrémiste (de droite) potentiellement violent", Jürgen Conings, recherché depuis quatre jours en Campine. "Cela n'a même pas été abordé hier au parlement" - où la ministre et le Premier ministre Alexander De Croo ont été soumis à un feu de questions lors de la séance plénière -, a-t-elle affirmé.

Elle a en revanche répliqué à la N-VA qui a, depuis les bancs de l'opposition, jugé "écrasante" la responsabilité de la ministre socialiste, en poste depuis près de huit mois, alors que le Vlaams Belang s'est muré dans le silence en ne posant aucune question.

"Ces gens soufflent sur les braises et puis viennent vous donner des leçons", a-t-elle lancé.

Mme Dedonder a également accusé "le ministre précédent N-VA" (Steven Vandeput, d'octobre 2014 à novembre 2018, NDLR) d'avoir "totalement désinvesti" dans la Défense et en particulier en termes de personnel, de fonctionnement et d'infrastructures. "Ils ont acheté du matériel et ils m'ont laissé la facture", a-t-elle dit.

"Pas de place pour les racistes et les fascistes"

La ministre a en outre affirmé avoir demandé au chef de la Défense (Chod, l'amiral Michel Hofman) d'ouvrir une enquête interne et de revoir les procédures d'accès aux quartiers militaires et aux dépôts d'armes. Elle a admis, dans le cas de Jürgen Conings, "fiché pour sa dangerosité", "une faille dans la sécurité".

"C'est vraiment la priorité de pouvoir le retrouver, de le mettre hors d'état de nuire", a-t-elle encore souligné.

La ministre a tenu des propos similaires sur les ondes de la matinale de la chaîne privée Bel-RTL, en soulignant qu'il était, selon elle, "tout à fait anormal qu'une personne avec un tel pedigree, fichée dangereux, avec des opinions radicales puisse encore avoir accès à un arsenal d'armes". "Tout comme il n'est pas normal que cette personne ait pu sortir de la caserne sans contrôle", a-t-elle renchéri.

Elle a encore demandé que les personnes listées comme potentiellement extrémistes et suivies par le SGRS (le Service général du Renseignement et de la Sécurité de l'armée) - soit 28 militaires - "n'aient plus accès aux armes".

"Les extrémistes, les fascistes, les racistes n'ont pas leur place à la Défense", a encore dit Mme Dedonder, tout en admettant qu'il était impossible de licencier une personne du jour au lendemain.