Charles Michel a fait le point sur les conséquences du rejet, par le Parlement britannique, de l’accord de retrait de l’Union européenne négocié par Theresa May et les vingt-sept États membres de l’UE.

Selon notre Premier ministre, la perspective tant redoutée d’un Brexit dur est devenue "plus probable" depuis le rejet britannique de cet accord. Pour faire face à l’éventualité d’une sortie désordonnée des Britanniques, le gouvernement en affaires courantes a préparé des textes de loi qui seront discutés en Conseil des ministres, ce vendredi.

Un "Brexit" désordonné aurait des conséquences très concrètes pour les entreprises belges qui ont des échanges commerciaux avec le Royaume-Uni. Pour rappel, 1,6 milliard d’euros de droits de douane devraient être prélevés sur les exportations belges, faute d’accord avec le Royaume-Uni d’ici le 29 mars.

"Le Brexit n’est pas notre choix et nous le regrettons, mais nous devons être prêts avec nos législations au cas où", a expliqué Charles Michel.

Le gouvernement en affaires courantes aura besoin de l’appui du Parlement pour faire passer ces mesures, qui auront un impact budgétaire. "Il est certain que les affaires courantes rendent les choses un peu plus compliquées, notamment sur le plan budgétaire", a reconnu Charles Michel. Et de faire appel "au sens des responsabilités" du Parlement.

Le Premier ministre a également fait le parallèle avec la France, où le gouvernement a reçu des pouvoirs élargis via une loi d’habilitation lui permettant de gérer les conséquences d’un "Brexit" dur. "Cela donne un mandat large au gouvernement pour agir, ce qui est plus simple", a plaidé Charles Michel. Un appel qui risque de ne pas être entendu vu la situation politique actuelle en Belgique…

Concrètement, des mesures sont notamment prévues au niveau des douanes et de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), afin que les échanges commerciaux puissent être gérés si aucun accord n’est trouvé avec le Royaume-Uni d’ici le 29 mars.

Au niveau de l’Afsca, un besoin supplémentaire de 115 à 300 inspecteurs a été identifié. Selon la Fevia, la fédération belge du secteur alimentaire, le Royaume-Uni est le quatrième partenaire commercial des entreprises alimentaires belges, représentant un chiffre d’affaires annuel de 2,7 milliards d’euros, soit 10 % de l’exportation totale.

Au niveau des douanes, Alexander De Croo (Open Vld), le nouveau ministre des Finances, a déclaré qu’une seule entreprise belge sur cinq commerçant avec le Royaume-Uni était préparée aux formalités douanières qui accompagneraient le scénario d’un no deal.

Fermeté

Les douanes vont donc entamer cette semaine une nouvelle campagne d’information et contacter individuellement certaines entreprises qui font des affaires avec le Royaume-Uni. Par ailleurs, Kris Peeters (CD&V) a annoncé qu’il souhaitait soutenir plusieurs initiatives visant à aider, avec des budgets européens, les régions de l’UE les plus touchées par le "Brexit". Ce qui est le cas de la Belgique et de la Flandre en particulier.

D’un point de vue plus politique, Charles Michel a affiché une position ferme vis-à-vis des Britanniques. "Ce deal de retrait est le meilleur accord possible, a-t-il indiqué. On ne doit pas laisser l’illusion selon laquelle les Européens pourraient renoncer à défendre leurs intérêts pour résoudre un problème politique au Parlement britannique. Ce n’est pas ça le sujet."

Plus tôt dans la journée, la chancelière allemande Angela Merkel a estimé qu'il était "encore temps de négocier" un accord en fonction d'éventuelles propositions de la Première ministre britannique Theresa May. De son côté, Charles Michel a confirmé que la balle était dans le camp des autorités et du Parlement britanniques.

Mais il a affiché une position ferme vis-à-vis de nos probables futurs ex-partenaires (sauf nouveau référendum).

«Ce deal de retrait est le meilleur accord possible», a-t-il indiqué. «On ne doit pas laisser l'illusion selon laquelle les Européens pourraient renoncer à défendre leurs intérêts pour résoudre un problème politique au Parlement britannique. Ce n'est pas ça le sujet».

Par ailleurs, le gouvernement en affaires courantes doit encore finaliser des textes de loi pour se préparer à l'éventualité d'une sortie désordonnée du Royaume-Uni de l'UE.

Le Premier ministre a ajouté qu'un hard Brexit était "plus probable" depuis le vote intervenu hier au Parlement britannique. "Le Brexit n'est pas notre choix et nous le regrettons, mais nous devons être prêts avec nos législations au cas où».