Pour le libéral bruxellois, les déclarations du président du CD&V témoignent de l'incapacité des dirigeants politiques de la capitale à faire exister Bruxelles aux yeux des deux autres régions. 

Les réactions politiques, singulièrement dans la capitale, se multiplient depuis la sortie médiatique de Joachim Coens, président du CD&V, dans "De Morgen" concernant la formation du gouvernement fédéral. Interrogé par le quotidien flamand, l'ancien informateur a proposé d'entamer des discussions sur la base d'une coalition "miroir" qui rassemblerait les partis au gouvernement flamand, soit la N-VA, le CD&V et l'Open VLD, et les partis au gouvernement wallon, soit le PS, le MR et Ecolo. "Pourquoi ne partirait-on pas des majorités qui sont déjà formées au niveau régional? On peut former un ensemble un gouvernement miroir. Ce serait une solution pour sortir de l'impasse. Pour le PS, ce n'est pas non plus illogique. Sous la législature précédente, ils devaient mener l'opposition au gouvernement fédéral depuis le gouvernement wallon. Cela n'a pas été une bonne expérience", a déclaré le président des chrétiens-démocrates.

"Faire l'impasse sur Bruxelles, c'est inacceptable" 

"Joachim Coens fait l'impasse sur Bruxelles, que je défends plus que tout. C'est inacceptable", dénonce le député bruxellois MR David Leisterh. Il est exclu que nous nous retrouvions dans une configuration où Bruxelles est cogérée par la Wallonie et par la Flandre".

Et le même de fustiger : "Cette intervention du président du CD&V, désormais ex-informateur, traduit une carence de caractère dans le chef des leaders politiques bruxellois au pouvoir". Pour mémoire, le Mouvement réformateur est dans l'opposition depuis plus de quinze ans en région bruxelloise. David Leisterh est par ailleurs actuellement en campagne au sein de son parti pour la présidence de la régionale bruxelloise, face au Ucclois Boris Dilliès. "Ces leaders politiques ne sont clairement pas parvenus à placer Bruxelles de manière suffisamment forte sur la carte politique belge pour qu'elle puisse compter aux yeux des deux autres régions. C'est un échec; Aujourd'hui, je les entends protester mais qu'ils agissent pour Bruxelles".

Une telle coalition "miroir" en revient à nier la Région bruxelloise, ont dénoncé mercredi matin le bourgmestre de Bruxelles et vice-président du PS, Philippe Close, et le ministre-président socialiste bruxellois Rudi Vervoort. "Je me permets de rappeler au CD&V que cette Région existe et, qu'il n'y a pas si longtemps, le CD&V y avait même des ministres. Ce pays est constitué de trois Régions et trois Communautés. Parmi elles, il y a la Région bruxelloise, avec des partis francophones et néerlandophones, qui fonctionne bien", a souligné M. Close. Le socialiste s'étonne de cette sortie du président du CD&V alors que l'un des siens, le vice-Premier ministre Koen Geens, a été chargé d'une mission par le Roi en vue de former un gouvernement fédéral.