La Belgique ne prévoit pas dans l'immédiat de rapatriement d'enfants de djihadistes belges présents dans des camps du nord-est de la Syrie contrôlés par les autorités kurdes locales, a affirmé mardi le ministre des Affaires étrangères, Philippe Goffin, en s'appuyant sur des décisions de justice. 

"Quant au rapatriement des enfants (...), les quatre derniers jugements en appel ont conforté la position du gouvernement belge", qui a fixé des conditions au retour de ces enfants de djihadistes, a affirmé M. Goffin lors d'une réunion virtuelle de la commission des relations extérieures de la Chambre.

Le ministre a cité plusieurs décisions de justice favorables, selon lui, au gouvernement, qui doit obtenir l'accord des mères pour leur départ - sans elles - vers la Belgique et celui des autorités du Rojava, l'administration semi-autonome kurde qui administre un territoire du nord-est de la Syrie échappant au contrôle du régime du président Bachar al-Assad.

Le 25 février dernier, la chambre néerlandophone du tribunal de première instance de Bruxelles a ainsi suspendu les astreintes auparavant imposées à l'État belge pour l'octroi des documents nécessaires à un retour en Belgique de dix enfants de combattants ayant rejoint le groupe djihadiste État islamique (EI) - aussi qualifiés de "Foreign Terrorists Fighters" (FTF).

Dans cette décision, le juge reconnait que l'État belge se trouve dans l'impossibilité d'exécuter une ordonnance rendue en référé le 11 décembre 2019 et imposant, sous peine d'astreintes, au gouvernement belge de fournir à dix enfants de djihadistes en Syrie l'assistance consulaire et des documents administratifs, de voyage et d'identité en vue de leur rapatriement, a rappelé M. Goffin.

Le gouvernement fédéral a fait appel de l'ordonnance du 11 décembre devant la Cour d'appel de Bruxelles (chambre néerlandophone), mais le confinement causé par la crise du coronavirus a entraîné le report de l'audience à une date ultérieure, qui reste à déterminer, selon M. Goffin.

Ces enfants sont au nombre de 42 et tous âgés de moins de dix ans, avait précédemment indiqué le ministre.

Il a par ailleurs assuré que le gouvernement fédéral avait, en dépit de la crise du coronavirus, un "aperçu clair" des endroits où se trouvaient des FTF belges. Il a ajouté n'avoir pas connaissance d'évasion de combattants belges de camps contrôlés par les autorités kurdes du nord-est syrien.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une mutinerie avait éclaté le 15 mars dans une prison des forces kurdes où sont détenues des personnes accusées d'appartenance au groupe djihadiste Etat islamique (EI). Quatre détenus au moins s'étaient évadés de la prison de Ghouiran, dans la ville de Hassaké accueillant près de 5.000 prisonniers de différentes nationalités.