L'envoi précoce, à l'initiative du ministre flamand des Affaires intérieures Geert Bourgeois (N-VA), des convocations électorales en néerlandais aux électeurs des six communes à facilités de la périphérie bruxelloise est une attitude électoraliste, a jugé lundi le vice-Premier ministre Didier Reynders (MR), interrogé sur la VRT radio.

"Il aurait été tout à fait possible de trouver une solution plus pragmatique, comme d'envoyer les convocations officiellement en néerlandais, avec une traduction française au verso", a-t-il noté.

Geert Bourgeois entendait pour sa part prendre de vitesse les responsables de certaines de ces communes, afin de faire respecter la circulaire Peeters qui exige un premier envoi en néerlandais, à charge pour ceux qui le souhaitent de réclamer ensuite une convocation en français.

L'envoi par certaines communes à facilités de convocations en français à leurs habitants francophones est l'un des motifs pour lesquels le gouvernement flamand refuse de nommer trois bourgmestres de la périphérie.

Linkebeek et Rhode dénoncent une usurpation de pouvoir pour les convocations

Les bourgmestres de Linkebeek et de Rhode-Saint-Genèse, Damien Thiéry (FDF) et Myriam Delacroix-Rolin (cdH), voient tous deux une usurpation de pouvoir dans l'envoi par le gouverneur du Brabant flamand des convocations électorales en néerlandais aux électeurs des communes à facilités de la périphérie bruxelloise.

Le ministre des Affaires intérieures, le N-VA Geert Bourgeois, "se substitue au pouvoir communal" en demandant au gouverneur de prendre en charge l'envoi des convocations avant que les communes n'aient envoyé les leurs, a affirmé lundi Damien Thiéry sur les ondes de Twizz radio.

"C'est une provocation supplémentaire", a-t-il ajouté, dénonçant "l'illégalité" de la manoeuvre. M. Thiéry annonce son intention de se concerter avec ses homologues des communes à facilités, n'excluant pas le dépôt d'une plainte.

Pour la bourgmestre de Rhode, "c'est une véritable usurpation de pouvoir". Mme Delacroix dénonce l'absence de respect pour la démocratie locale dans le chef de la N-VA et une provocation électorale de sa part.

Si elle affirme ne pas vouloir "répondre à cette provocation par de la provocation", elle souligne toutefois sa volonté d'analyser rapidement les voies de recours.

Les Francophones des communes à facilités ont déjà reçu leurs convocations

Les habitants des six communes à facilités ont déjà reçu lundi leur convocation électorale pour le prochain scrutin d'octobre. L'envoi a été fait à l'initiative du ministre flamand des Affaires intérieures Geert Bourgeois (N-VA), qui entend ainsi prendre de vitesse les responsables communaux de certaines entités, comme Rhode-Saint-Genèse ou Linkebeek, peut-on lire lundi dans De Standaard.

L'organisation d'élections dans ces six communes à facilités de la périphérie bruxelloise est toujours l'objet de tensions en raison de la langue utilisée sur la convocation électorale. Selon la circulaire Peeters, ces convocations doivent être rédigées en néerlandais. Les Francophones peuvent ensuite demander un exemplaire en français. Mais les responsables communaux tentent traditionnellement de contourner la circulaire en envoyant les convocations en français.

Pour les prochaines élections communales, les communes de Linkebeek et Rhode-Saint-Genèse avaient planifié de commander des convocations électorales tant en néerlandais qu'en français. Le bourgmestre de Wemmel a annoncé qu'il ferait de même. Actuellement, seule la commune de Drogenbos semble décidée à respecter la circulaire Peeters.

Lors des précédentes élections, cette question communautaire avait mené à une véritable cacophonie dans les convocations électorales, obligeant le gouverneur et le ministre des Affaires intérieures à intervenir.

Pour éviter que ce scénario ne se répète, Geert Bourgeois a demandé au gouverneur du Brabant flamand Lode De Witte d'envoyer d'ores et déjà les convocations électorales en néerlandais dans les six communes à facilités.

Les convocations devaient se retrouver dès ce lundi dans les boîtes aux lettres des électeurs, avant même que les responsables communaux ne soient avertis de l'initiative.