Les syndicats du personnel des soins de santé dénoncent en choeur dimanche le refus, selon eux, de la ministre de la Santé Maggie De Block de maintenir et de garantir le niveau de financement des institutions de soins à leur niveau habituel.

L'annonce vendredi par la ministre d'une avance de un milliard d'euros pour les hôpitaux pour faire face à l'épidémie et continuer à payer leur personnel ne résout en rien leur problème de financement à moyen terme, selon eux.

"Cette avance, c'est une solution de trésorie, pas de financement structurel", dénonce Yves Hellendorff, du syndicat chrétien CSC.

En raison de la crise du Covid-19, les hôpitaux du pays ont été contraints d'annuler toutes leurs consultations et de libérer un maximum des lits dans tout une série de services pour pouvoir accueillir l'afflux de malades, entraînant pour eux une réduction de leurs recettes.

Face à ces difficultés financières, les directions des hôpitaux, soucieuses de maîtriser leurs coûts, pourraient être tentées dès la semaine prochaine de mettre une partie de leur personnel en chômage pour cause de force majeure, redoutent les syndicats.

Vendredi, ceux-ci ont rencontré la ministre Maggie De Block pour lui faire part de leurs craintes et réclamer le maintien du niveau de financement structurel habituel, comme s'y sont déjà engagés les gouvernements wallons et flamands pour éviter que les hôpitaux ne cherchent à faire des économies.

"Contre toute attente, la réponse a été négative. Le cabinet de Maggie De Block refuse de s'engager et reporte cette discussion à la sortie de la crise. Autrement dit, mettez votre personnel en chômage temporaire si vous voulez être sûr que votre institution survive à la crise. Le gouvernement veut juste bien avancer de l'argent s'il existe des problèmes de trésorerie", fustigent les syndicats qui se disent "consternés".

"Je représente ce personnel de soin que l'on applaudit tous les soirs dans les rues, mais quand je vois cette irresponsabilité (de la ministre De Block), je ne peux être que scandalisé", conclut Yves Hellendorff.

Les syndicats comptent interpeller dès lundi la Première ministre Sophie Wilmès pour s'assurer qu'il s'agit là bien de la position du gouvernement.