"Pour prévenir et faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux, tels que les incendies, les épidémies et les épizooties", place aux bourgmestres. C’est à eux que la loi communale donne, depuis les débuts de la Belgique, le pouvoir d’intervenir pour faire respecter la sécurité et la salubrité publiques.

Et ces prérogatives sont encore les leurs lorsque, comme c’est actuellement le cas, on en est toujours à la phase 2, même renforcée, du plan de gestion de risque du SPF Santé publique concernant le coronavirus. Un plan qui, on le sait, comprend trois phases.

Pour le moment, il s’agit d’éviter tant que faire se peut la propagation du virus. La décision de demeurer à ce stade a été prise, lundi, à l’issue de la réunion du comité de concertation entre État fédéral et entités fédérées, comité présidé par la Première ministre fédérale Sophie Wilmès (MR). Mardi, c’est le Conseil national de sécurité qui, sur la base des recommandations des experts réunis au sein du Risk Management Group, a émis une série de "conseils".

Des conseils, rien de plus ? Oui, car, comme on vient de l’écrire, ce sont toujours les bourgmestres (ou les gouverneurs quand plusieurs entités communales sont concernées) qui conservent la main. Mme Wilmès avait donc raison de dire, mardi soir, que le droit ne permettait au fédéral que "de recommander d’interdire" et que "ceux et celles qui ont la capacité d’interdire, ce sont les gouverneurs et les bourgmestres". C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le ministre de l’Intérieur les avait réunis pour insister sur l’utilité sinon la nécessité de suivre les recommandations qui allaient être formulées.

On sait que le bourgmestre d’Anvers s’est engouffré dans la faille "légale". Comme le fédéral, en l’état, n’est pas tout-puissant, que les municipalistes, les gouverneurs et même les Régions gardent la prérogative d’appliquer les mesures préconisées par le gouvernement de Mme Wilmès, Bart De Wever a eu beau jeu de clamer qu’il attendrait avant de bouger non pas de vagues injonctions mais des ordres en bonne et due forme.

Cela pourra être le cas si la Belgique passe à la phase 3 du plan destiné à contrer l’épidémie du coronavirus. Dans ce cas de figure, le fédéral aura tous les pouvoirs, ce sera à lui de décider, aux gouverneurs d’appliquer ses instructions, aux bourgmestres d’obtempérer sans moufter. Mais pour cela, il faudra qu’une importante propagation du virus ait été constatée. Les autorités "responsables" tentent à tout prix d’éviter d’en arriver à un tel niveau de crise.

Car qui dit phase 3, dit situation à l’italienne, avec toutes les conséquences sanitaires, sociales et économiques que cela suppose et dont certains, parmi lesquels… Bart De Wever, qui affirme pourtant ne vouloir se soumettre qu’en cas de déclenchement d’un "plan catastrophe", ne veulent pas entendre parler.