Le temps de la pédagogie est révolu, l’heure est aux sanctions. 

Tel est en substance le message livré, vendredi soir, par la Première ministre Sophie Wilmès (MR) à l’issue d’une réunion du Conseil national de sécurité, qui a fait le point sur les mesures destinées à limiter la propagation du coronavirus.

Pas de nouvelle mesure de confinement annoncée. En revanche, celles déjà en vigueur sont prolongées de deux semaines, jusqu’au 19 avril, fin des vacances de Pâques. Selon Sophie Wilmès, cette prolongation est nécessaire pour éviter la saturation des hôpitaux. Certes, la croissance exponentielle des nouvelles hospitalisations ralentit un peu. Un signe encourageant. Mais cela n’empêche pas que le nombre total de personnes hospitalisées continue à augmenter. La Première ministre a déjà fait savoir qu’une prolongation des mesures de confinement de deux semaines supplémentaires, jusqu’au 3 mai, est sur la table. La décision sera prise en temps voulu, mais on pressent qu’elle fait peu de doute…

"Les experts s’accordent à dire qu’il est trop tôt pour affirmer avec certitude que l’épidémie est sous contrôle. Nos efforts ne font que commencer , a lancé Mme Wilmès. Selon les experts, en termes d’hospitalisations ou d’admissions en soins intensifs, nous n’avons pas encore vu le bout du tunnel, c’est pour cela que l’on demande que chacun respecte bien les règles."

D’ailleurs, "nous ferons en sorte que ces mesures soient respectées, a-t-elle averti. Je veux être très claire : en cas de non-respect des règles, des sanctions sont et continueront à être appliquées". Et d’annoncer que "nous mettrons en place à court terme un système de perception immédiate des amendes". Les modalités de ce système ne sont pas encore connues.

"Nous ne sommes plus au niveau de la prévention. Le respect des règles est fondamental , a martelé la cheffe du gouvernement . Il reste des personnes qui ne comprennent pas la gravité de la situation, qui mettent à mal tous nos efforts en organisant des lockdown parties . Ces fêtes ont des conséquences sanitaires importantes. Je sais que beaucoup de jeunes ne se sentent pas concernés. Quand on est jeune, on se sent invincible. Mais il y a quinze jours, il y avait des jeunes dans les cafés et, aujourd’hui, certains d’entre eux se retrouvent en soins intensifs. C’est cela la réalité."

La garderie à l’école, même à Pâques

L’ensemble des mesures de confinement sont détaillées sur le site info-coronavirus.be . La Première ministre a refait le point sur celles qui étaient sujettes à interrogations ces derniers jours. Ainsi, pour les entreprises évoluant dans un secteur non essentiel, le télétravail est obligatoire. Si celui-ci ne peut être organisé, les règles de distanciation sociale (1,5 mètre entre chaque individu) doivent être garanties. À défaut, l’entreprise doit fermer. Mais il y avait des demandes, surtout syndicales, pour que la liste, jugée trop large, des entreprises évoluant dans un secteur essentiel soit resserrée. La liste sera mise à jour dans quelques jours et "nous espérons l’adhésion des partenaires sociaux", a dit Mme Wilmès.

Enfin, elle a indiqué que le système de garderie prévu dans les écoles sera maintenu pendant les vacances de Pâques. Pour les établissements où cela s’avère impossible, une autre forme de garderie pourra être organisée, mais les enfants qui étaient gardés ensemble devront continuer à être pris en charge ensemble. Le but est d’éviter de les mélanger à d’autres enfants. À nouveau, les modalités pratiques devront être précisées.