Dans les semaines à venir, "il y aura des contrôles policiers qui concerneront également les citoyens" pour voir si les mesures décidées ce mardi soir par le Conseil national de sécurité sont bien respectées, a assuré le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, au micro de la RTBF.

"Ces mesures renforcées, nous les avons prises dans l'intérêt de nos citoyens pour endiguer la propagation du virus. Vous devez savoir que les scientifiques nous ont dit que si on ne faisait rien, il pourrait très bien y avoir, dans 10 jours, 5.0000 personnes dans les hôpitaux, ce qui serait impossible" à gérer, a justifié M. Di Rupo (PS).

"On a trouvé une solution qui n'est pas de dire on ferme purement et simplement les entreprises. On dit qu'une première chose à faire, c'est de promouvoir le télétravail. Quand ce n'est pas possible, il faut une distance d'un mètre, un mètre et demi pour travailler. Et si on n'est pas capable d'organiser ce travail de cette manière, on ne doit pas ouvrir l'entreprise", a-t-il ajouté en assurant que des contrôles seront menés.

"Ces contrôles concernent aussi les citoyens. Il y aura des contrôles policiers pour voir si on respecte les règles de distanciation sociale", a encore prévenu le ministre-président wallon.

Selon lui, le processus sera évalué en continu. "Chaque jour, nous regardons ce qu'il se passe et on espère ne pas devoir prolonger ces mesures. Tout va dépendre, évidemment, de l'état de l'épidémie dans les deux prochaines semaines", a-t-il conclu.

Des mesures nécessaires au vu de la hausse des patients dans nos hôpitaux (De Block)

Alors que les Belges seront soumis au confinement dès mercredi midi jusqu'au 5 avril, la ministre de la Santé publique Maggie De Block a insisté sur la nécessité de ces mesures, estimant que les recommandations précédentes n'ont pas assez été respectées. "Nous savons qu'il y aura plus de nouveaux cas, mais c'est la vitesse à laquelle ce nombre augmente qui est inquiétante", a-t-elle souligné au micro de la RTBF. "On voit que le nombre de patients dans nos hôpitaux est en train d'augmenter. Les mesures (précédentes ndlr.) n'ont pas assez été respectées. Ce qui est dommage, parce que cela entraîne le risque d'avoir à chaque fois plus de patients positifs, mais aussi plus d'affluence dans les hôpitaux", a expliqué Mme De Block.

La ministre de la Santé a insisté sur l'importance de respecter la nouvelle mesure de confinement. "Il y a des règles plus strictes et il faut les respecter. Pas seulement pour vous, mais aussi pour vos proches", a-t-elle lancé comme message à la population.

"Les gens ont malheureusement continué à se rassembler, pourtant les mesures de distanciation sociale sont primordiales, tout comme les mesures d'hygiène", a conclu Mme De Block.

Les Belges sont priés de rester chez eux pour éviter la diffusion du coronavirus, a décidé mardi le Conseil national de sécurité. Il leur est demandé de limiter les déplacements à l'essentiel (santé, nourriture, banque, pharmacie, poste, essence, aide aux gens dans le besoin), les magasins seront fermés sauf les pharmacies, commerces de nourriture et nourriture pour animaux ainsi que les librairies. Les crèches restent ouvertes. Les rassemblements sont interdits.

Les nouvelles mesures annoncées représentent un "bon équilibre", selon la FEB

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) est satisfaite des mesures supplémentaires annoncées mardi soir par le Conseil national de sécurité. "C'est un bon équilibre entre 'restez chez vous et évitez les contacts' et le maintien de parties vitales, essentielles de notre économie", estime l'administrateur délégué de l'organisation patronale, Pieter Timmermans. Les nouvelles mesures touchent de près les entreprises. Celles-ci devront pratiquer le télétravail pour toutes les fonctions qui le permettent. Pour les autres fonctions, une distance sociale devra être observée entre les travailleurs sur le lieu de travail et dans les transports organisés par l'entreprise. Si ces mesures ne peuvent être mises en place, l'entreprise doit fermer ses portes. Les contrevenants s'exposent à une lourde amende et à la fermeture forcée en cas de récidive. Les entreprises actives dans un secteur vital continueront à fonctionner mais il leur également demandé de respecter la distance sociale entre les travailleurs.

Le patron de la FEB plaide lui-même pour une "tolérance zéro". "Celui qui ne respecte pas les règles est irresponsable. Cela devient progressivement une situation de guerre, nous avons besoin d'unité pour surmonter cela ensemble. En tant qu'entreprises, nous devons soutenir et suivre pleinement les décisions des autorités."

Les nouvelles règles, d'application dès mercredi midi, apportent en tous cas de la clarté aux entreprises, estime encore Pieter Timmermans, même si d'autres questions surgissent, notamment sur ce qui est crucial ou non pour l'ensemble de notre société.

La FEB ne peut pas encore évaluer l'impact économique, ni le nombre de travailleurs qui seront mis en chômage temporaire. "Je ne peux pas être plus précis que répondre 'des dizaines de milliers'", conclut Pieter Timmermans.

"Plus de sérénité pour les soignants" face à "la vague de malades" attendue (Absym)

S'il estime qu'il est "triste pour toute la population" que les mesures précédentes n'aient pas suffi, Philippe Devos, président de l'Absym, est aussi "conscient de l'opportunité" que le confinement annoncé mercredi soir "offre aux soignants pour affronter la vague de malades qui s'annonce". Les Belges sont priés de rester chez eux pour éviter la diffusion du coronavirus, a décidé mardi le Conseil national de sécurité. Il leur est demandé de limiter dès mercredi midi les déplacements à l'essentiel tandis que les magasins seront fermés sauf les pharmacies, commerces de nourriture et nourriture pour animaux ainsi que les librairies. Les crèches restent ouvertes. Les rassemblements sont interdits.

Le président de l'Absym espère encore que "ces nouvelles mesures permettront aux hôpitaux de contenir le nombre de malades", indique-t-il à Belga.