Dans le contexte actuel de confinement, la prison doit constituer une des urgences en matière de mise à disposition de matériel sanitaire, jugent jeudi les écologistes qui demandent que masques, gants et solutions hydro-alcooliques y soient fournis "en quantité suffisante".

"Il est primordial d'empêcher le virus d'y entrer et les mesures sanitaires doivent être scrupuleusement respectées par chaque personne entrant dans une prison", disent les Verts dans un communiqué.

"Pour permettre l'application des consignes élémentaires et impératives d'hygiène et de distanciation physique, la première mesure à prendre vise à désengorger les prisons surpeuplées en libérant un certain nombre de personnes détenues (libérations conditionnelles, public vulnérable ou en fin de peine. Nous soutiendrons toute décision du gouvernement qui ira dans ce sens: libération de certaines catégories de détenus et report temporaire de l'exécution des peines", commente Zakia Khattabi, députée fédérale.

Dans la perspective d'une prolongation des mesures de confinement et afin de faire baisser la pression et apaiser les tensions liées à l'absence de contact avec l'extérieur, les écologistes soumettent aussi jeudi plusieurs mesures au gouvernement.

Ils proposent notamment de garantir des minutes de téléphone gratuites par personne détenue, d'utiliser les moyens technologiques mis à disposition des établissements pour garantir la présence des personnes détenues aux audiences pour permettre le contact visuel entre les personnes détenues et leurs familles, négocier avec la grande distribution de la garantie d'un approvisionnement suffisant dans les établissements pénitentiaires, et enfin assurer aux détenus la gratuité d'une offre récréative (télévision, ...).

"La situation est urgente. Tout doit être mis en œuvre pour éviter l'escalade et ainsi garantir tant la sécurité sanitaire que la sécurité tout court, aussi bien des personnes détenues que du personnel pénitentiaire. Il va de notre responsabilité de nous assurer que personne ne soit oublié dans cette crise et que chacun·e soit protégé·e, sans exception", conclut Zakia Khattabi.