L’Autriche ouvrait le bal dès le 8 mars, en suspendant la vaccination avec les doses d’AstraZeneca, à la suite du décès d’une infirmière de 49 ans. Dans la foulée, une dizaine de pays européens décidaient de mettre sur pause les injections du vaccin suédo-britannique. C’est ensuite un véritable jeu de dominos qui a traversé l’Europe entière.

Ainsi, les Pays-Bas annonçaient dimanche suspendre l’administration du vaccin suédo-britannique jusqu’au 28 mars, le temps que le conseil de la santé national dresse une enquête pour évaluer les risques. Lundi, la France faisait savoir qu’elle le mettait sur pause, le temps que l’Agence européenne du médicament rende un nouvel avis très attendu, prévu pour ce jeudi. Ont suivi l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Derrière ces décisions, le risque redouté après la déclaration de plusieurs cas de caillots sanguins détectés à travers l’Europe chez des personnes vaccinées, sans toutefois que le lien de causalité soit attesté scientifiquement.

L’Organisation mondiale de la santé se réunit en urgence ce mardi pour faire le point. Elle se voulait toutefois déjà rassurante lundi : "Nous ne voulons pas que les gens paniquent et, pour le moment, nous recommandons que les pays continuent de vacciner avec AstraZeneca", déclarait Soumya Swaminathan lors d’une conférence de presse à Genève. "D’après ce que nous avons vu jusqu’à présent dans les données préliminaires, il n’y a pas d’augmentation du nombre de cas d’événements thromboemboliques", précise-t-il aussi, ajoutant qu’en l’état des connaissances le bénéfice l’emporte sur le risque.

Pas d’éléments scientifiques neufs

Chez nous, le Conseil supérieur de la santé (CSS) s’était réuni en urgence à la demande du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke ce lundi pour faire évaluer la situation. L’instance a maintenu sa position, faute d’éléments scientifiques nouveaux. Feu vert pour continuer à administrer l’AstraZeneca, car les bénéfices continuent de l’emporter sur le risque. "Une suspension même provisoire de cette vaccination ne pourrait qu’avoir des effets néfastes sur la vaccination contre le Covid-19 en général, les phénomènes thromboemboliques post-vaccinaux étant présents dans le même ordre de fréquence qu’avec le vaccin Pfizer selon les informations actuellement disponibles", peut-on lire dans le document révélé par la RTBF.

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Plus tôt dans la journée, l’Agence européenne du médicament (EMA) se prononçait face aux doutes qui s’étaient emparés des États membres. L’EMA confirmait que le vaccin présentait davantage de bénéfices que de risques d’effets secondaires, et réitérait ainsi son avis positif - ce qui n’empêche pas la poursuite de l’évaluation d’ici à jeudi.

Ce sont précisément ces deux avis qui ont conforté les ministres et scientifiques belges d’opter pour la prolongation. Il n’y a, en effet, pas d’éléments scientifiques neufs pour justifier un changement de cap. La prudence reste toutefois de mise et on préfère se ranger derrière les avis européens. Si celui-ci venait à changer, la Belgique embrayerait. L’enjeu est de taille pour la stratégie de vaccination. Le vaccin AztraZeneca est amené à prendre un rôle majeur dans les prochaines semaines.