Le ministre en charge du matériel médical, Philippe De Backer, est prêt à passer à une nouvelle étape dans le dépistage du covid-19. Il attend les recommandations des experts qui conseillent le gouvernement fédéral, a-t-il expliqué mardi en commission de la Santé de la Chambre.

La semaine dernière, M. De Backer avait annoncé que la barre des 10.000 tests par jour serait atteinte dans les jours qui suivaient. C'est le cas depuis ce samedi. Le ministre est donc prêt à soumettre au dépistage d'autres catégories que les patients et soignants présentant des symptômes, en commençant par tout le personnel en première ligne de la lutte contre la pandémie.

Comme depuis le début de la crise, le problème de l'approvisionnement et de la distribution des masques de protection demeure au centre des préoccupations. Pas moins de 40 millions ont déjà été commandés, dont 11,4 millions ont déjà été livrés et 7,6 millions distribués.

La distribution ne se fait pas sans difficultés. Le "risk management group", qui rassemble les experts et où sont également représentées les Régions, n'a ainsi pu parvenir à un accord lundi soir. Une nouvelle réunion est prévue mercredi matin. Face à l'indécision, M. De Backer a décidé lui-même le déblocage d'un million de masques pour les hôpitaux et autres centres où sont donnés des soins.

La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, n'a pas caché le problème de la multiplicité des niveaux de pouvoir. "C'est très difficile de trouver des accords avec neuf ministres compétents", a-t-elle dit.

Plusieurs députés estiment également qu'il est temps de poser la question du port généralisé du masque dans la population. Une recommandation unique doit être formulée, demande le MR. "Si le message n'est pas clair, nous allons encore creuser la pénurie pour ceux qui en ont besoin", a averti Caroline Taquin.

Le cdH souhaite que soit entendu le nombre croissant de spécialistes qui recommandent le port d'un masque, non pas FFP2 (de haute protection, en pénurie) ou même chirurgical, mais simplement en tissu. "Bon nombre de spécialistes plaident pour le masque en complément des gestes barrière, certainement quand commencera le déconfinement", a souligné Catherine Fonck.

Le pays n'a pas seulement besoin d'équipement. Le gouvernement veille aussi à l'approvisionnement en médicaments. Le stock est suffisant pour les semaines à venir mais il faut l'alimenter. Certains pays où ils sont produits commencent à mettre en place des interdictions d'exportation. La Belgique essaie de les éviter par la voie diplomatique, a expliqué M. De Backer.