La ministre fédérale de la Santé n'a pas encore consulté la Fédération Wallonie-Bruxelles pour mettre en oeuvre son projet de reconversion des personnes ayant perdu leur emploi durant la crise du corona en personnel infirmier. 

Mi-mai, face aux quelque 180.000 pertes d'emploi redoutées en raison de la crise, et devant la pénurie chronique de personnel infirmier dans les hôpitaux, Maggie De Block avait proposé que les travailleurs victimes de la crise actuelle puissent gratuitement suivre des formations pour devenir infirmiers.

Interrogée mardi en commission par la députée Joëlle Kapompole (PS) sur l'avancement de cette initiative qui relève en partie de la FWB, la ministre en charge de l'Enseignement de Promotion sociale, Valérie Glatigny (MR), a indiqué n'avoir pas encore reçu de demande officielle de la part de sa coreligionnaire flamande à ce sujet.

Devant les députés, Mme Glatigny a rappelé que l'octroi du titre d'infirmier relevait du respect d'un prescrit législatif belge, mais aussi européen. Elle a toutefois reconnu que cette formation pourrait être facilitée par la valorisation d'acquis d'expérience (VAE) pour les personnes ayant de près ou de loin une expérience dans le secteur des soins.

Pour la ministre francophone, le véritable défi en la matière n'est toutefois pas la formation, mais plutôt de retenir les candidats dans ces études ainsi que dans la profession d'infirmier.

"Il y a un travail de fond à faire sur l'attractivité du métier..."', a glissé Mme Glatigny en conclusion, semblant ainsi renvoyer la ministre De Block à ses propres responsabilités dans la malaise infirmier actuel.