Le CD&V maintient qu'un gouvernement fédéral devra reposer sur une majorité des deux côtés de la frontière linguistique, et donc impliquer la N-VA en Flandre.

"Je n'ai pas d'indication que notre point de vue a changé", a souligné jeudi le ministre Pieter De Crem (CD&V) interrogé sur Radio 1 (VRT) à propos d'un gouvernement d'urgence. Après l'échec de la mission de Koen Geens (CD&V), le Roi a chargé les présidents de la Chambre et du Sénat, Patrick Dewael (Open Vld) et Sabine Laruelle (MR), de "prendre les contacts politiques nécessaires permettant la mise en place d'un gouvernement fédéral".

Le scénario d'un gouvernement d'urgence refait surface dans les médias à la suite de l'échec des tentatives de rapprocher le PS et la N-VA. Ce gouvernement serait constitué à partir de la coalition actuelle (MR, CD&V, Open Vld) auxquels se joindraient les socialistes et les Verts.

Cette piste est une autre façon de constituer la "Vivaldi" (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V) dont ne veut pas jusqu'à présent le CD&V car cet attelage n'aurait pas de majorité du côté flamand.

Le refus du PS d'entamer des négociations de formation avec la N-VA a "laissé des traces profondes" et provoqué "une radicalisation à la base et au sommet du CD&V", a affirmé M. De Crem.

Le programme d'un gouvernement d'urgence où se retrouveraient les socialistes et les Verts laisse également le ministre CD&V sceptique. "Les préoccupations économiques d'Ecolo et du PS sont à mille lieues des nôtres", a-t-il fait remarquer.

Les dossiers éthiques suscitent également des frictions. La Chambre doit se prononcer prochainement sur la loi assouplissant les conditions de l'avortement à laquelle s'opposent en Flandre le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang. "Il n'y a pas encore eu de pas vers nous", a souligné M. De Crem, rappelant qu'au nord du pays, cette loi n'aurait pas de majorité.