Les métiers de contact sont en colère. Le Premier leur avait promis qu'une fois leur réouverture actée, elle serait définitive. Mais la semaine dernière, la situation épidémiologique a forcé Alexander De Croo à ne pas tenir sa parole. "Il ne faut pas sous-estimer la situation dans laquelle on se trouve. On fait face à une nouvelle pandémie. Le virus se transmet plus facilement et il y a de plus en plus de jeunes dans les hôpitaux. On ne veut pas arriver à une situation où on doit faire des choix dans les hôpitaux. Décider de soigner tel patient à la place d'un autre. Ne sous-estimons pas le niveau d'alerte actuel", a d'abord insisté le Premier ministre.

"On prend des mesures pour limiter au maximum les contacts. On ne pointe pas du doigt un métier ou un autre, mais quand la situation épidémiologique s'enflamme, on doit agir. Je sais que c'est difficile pour les indépendants. Il y a d'ailleurs des aides inédites", a rappelé le libéral. "La colère des métiers de contacts non médicaux, je la comprend. Mais il y a des études qui montrent que le taux de contamination est plus élevé chez les gens qui travaillent", selon le Premier. Pourtant Georges-Louis Bouchez (MR), dont le parti est membre de la Vivaldi, a déclaré le contraire ce week-end et a mis presque l'ensemble des nouvelles mesures prises par les participants du Codeco en doute. Le Premier ministre préfère ne pas s'attarder sur les propos du jeune président francophone, mais le MR et GLB font-ils toujours partie du gouvernement De Croo ?

"Je ne peux pas nier qu'il y a eu des discussions rue de la Loi. J'observe aussi dans les sondages que la très grande majorité des gens est convaincue que des mesures plus strictes mais pas trop longues étaient nécessaires. Je vous assure qu'il y a une unité entre les personnes qui les décident. Parmi les partenaires avec lesquelles je travaille, tout le monde est à la hauteur du moment. Tout le monde comprend qu'on gère une crise sanitaire et qu'il s'agit de la santé des gens. Il faut faire la différence entre la politique et la gestion de la crise. Moi, actuellement, je fais de la gestion de la crise. Quand on parle de la santé des gens, la politique ne vous intéresse pas vraiment', insiste De Croo qui dit ne pas craindre de voir tomber son gouvernement.

La politique n'interviendrait pas dans les décisions prise lors des Codeco ? Pas selon Alexander De Croo. "Le point de départ des mesures décidées est épidémiologique. Je me base sur les faits que nous donnent les experts : les lieux de travail et les écoles sont des endroits de contaminations importants ; les contaminations entre 0 et 20 ans augmentent. Si on voit que les écoles deviennent des endroits de contaminations, on ne peut pas fermer les yeux. Même si on souhaite tous que nos enfants suivent les cours", admet-il. "Avancer les vacances de Pâques d'une semaine, c'est une mesure qui va avoir un impact positif et on fera tout pour rouvrir les écoles le plus vite possible. C'est l'objectif, mais j'ai appris que dans cette pandémie, il faut être prudent."

Sa promesse aux métiers de contacts n'a pas été tenue, Alexander De Croo se retient donc d'en faire une autre pour les écoles : "Cette pandémie est un exercice d'humilité. On a fait des plans, avec de bonnes intentions. Quand on observe que la situation se dégrade, on doit changer ces plans. Est-ce que je dois m'obstiner et maintenir mon plan quoi qu'il arrive? Non, mon orgueil personnel est moins important que la santé des gens."