Les sorties successives de Pierre-Yves Jeholet et de Georges-Louis Bouchez ont fait grincer des dents ce week-end. Demandant de réunir un Comité de concertation mi-décembre pour envisager un potentiel assouplissement des mesures, les libéraux ont suscité une levée de boucliers des experts, mais également de certains de leurs collègues. Même si d’autres partis de la majorité fédérale comme le PS avaient également fait part de leur volonté d’aborder une possible mise à jour des règles sanitaires pour les fêtes de fin d’année. De plus, Pierre-Yves Jeholet s'exprimait au nom de son gouvernement (FWB), dans lequel on retrouve le PS, le MR et Ecolo.


Le bourgmestre de Gand, Mathias De Clercq (Open Vld), a fustigé ce qu'il a qualifié de "jeux politiques". "Je suis très en colère, nous sommes face à une situation très compliquée, les gens font beaucoup de sacrifices, a commenté le libéral flamand au micro de VTM. Les déclarations publiques comme celles-là ne viennent pas aider. Arrêtez de créer la confusion (...). Monsieur fait partie du Comité de concertation, qu'il discute donc de cela autour de la table plutôt que devant les caméras."

Interrogé sur le sujet, le Premier ministre a refusé de se prononcer publiquement. "J'ai eu des contacts avec Monsieur Bouchez, hier encore nous avons discuté", a toutefois admis Alexander De Croo (Open Vld) à VTM. De son côté, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (sp.a), a estimé que des discussions pouvaient avoir lieu, comme l'a demandé le MR. "Je ne vois aucun problème si des ministres-présidents veulent discuter de cela, a-t-il expliqué sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche. On risque seulement de parler d'une stagnation (des chiffres) plutôt que d'une diminution."

De faux espoirs ?

Patrick Prévot (PS) a regretté que certains "fassent des sorties dans tous les sens", pouvant engendrer de faux espoirs. Le député socialiste a insisté sur la nécessité de faire preuve de cohésion et de prendre des décisions uniquement sur base des chiffres. Il soutient cependant l'organuisation d'un Codeco le 18 décembre prochain.

La N-VA a fait connaître son désarroi quant au comportement du MR. Bart De Wever a ainsi déclaré que ce que faisait Georges-Louis Bouchez "n'avait pas de sens". Des propos auxquels Jan Jambon a fait écho, ce dimanche 6 décembre. "Je ne pense pas qu'il soit raisonnable de donner de faux espoirs aux gens sur ce que nous pourrons faire à Noël. Aujourd'hui, je constate que les chiffres ne baissent pas assez vite pour envisager le moindre assouplissement", a précisé le nationaliste flamand sur Radio 1.

Une cacophonie qui dérange

Depuis l'opposition, Catherine Fonck a, quant à elle, pointé du doigt la cacophonie actuelle au sein du gouvernement. "Chers partis des gouvernements, je ne sais pas à quoi vous jouez. Si l'espoir fait vivre, les désillusions aggraveront encore le désespoir de ceux qui rêvent de passer Noël en famille et de ceux qui ne peuvent toujours pas travailler. S'il vous plait, arrêtez de leurrer les gens...", a écrit la cheffe de groupe cdH à la Chambre.


Denis Ducarme (MR) a répondu aux nombreuses critiques émises à l'égard de la position prise par son parti. "Nous sommes tous fixés sur l'essentiel qui est la santé des gens, a-t-il détaillé. Mais ce que nous disons simplement par rapport aux fêtes de Noël, c'est que nous souhaitons objectiver et évaluer. Nous souhaitons produire une mesure qui suscite l'adhésion. Or ce n'est pas le cas de la mesure, aujourd'hui."