La N-VA a critiqué les propositions fiscales présentées jeudi par le Parti socialiste. "La classe moyenne flamande doit craindre le pire", a réagi le président du parti, Bart De Wever. Selon lui, "la Flandre aura à choisir entre le modèle PS, avec plus d'impôt et la mort lente du système social, et le modèle N-VA avec moins d'impôts et plus de place pour l'économie".

"On dirait bien que le PS veut tordre le cou à ce qui reste de notre compétitivité", estime M. De Wever, qui déplore que les propositions socialistes "ne consacrent aucune attention ou presque aux nouvelles économies".

"Le PS est en train de construire des châteaux socialistes en Espagne", poursuit-il. "La classe moyenne flamande doit craindre le pire. Qui travaille, épargne ou entreprend sera enseveli sous un tsunami fiscal". Bart De Wever estime que le PS veut mener la politique "la plus asociale qui soit", parce qu'elle ne réduit pas le coût du travail.

Il appelle le CD&V et l'Open Vld à choisir entre le modèle PS et le modèle N-VA. Les deux partis, a priori plus proches des thèses de droite défendues par les nationalistes, "doivent expliquer comment ils pensent mettre en oeuvre leurs priorités" s'ils participent à une nouvelle coalition avec le PS.

Charles Michel: "le PS sacrifie les gens qui travaillent"

Le président du MR Charles Michel a critiqué jeudi le programme socio-économique présenté par le PS, estimant notamment qu'il s'en prenait à la classe moyenne. Le PS a annoncé jeudi vouloir prendre des mesures revalorisant le pouvoir d'achat de 70% des travailleurs aux salaires les plus bas et moyens. Mais selon le MR, il entend en réalité s'en prendre à la classe moyenne qui vit notamment de revenus locatifs.

Parmi ses propositions visant à taxer les patrimoines, le PS suggère un système de "bonus-malus" fiscal visant à moduler le précompte immobilier en fonction du respect par le propriétaire d'une grille de loyers, établie sur base de la situation de l'immeuble, sa performance énergétique, etc.

"Comme d'habitude, le PS sacrifie la classe moyenne et les gens qui travaillent. Il entend taxer les loyers perçus par les retraités et les futurs retraités", a réagi Charles Michel. "En réalité ce que veut une fois de plus le PS c'est augmenter les impôts. On ne peut pas annoncer qu'on baisse les charges et puis reprendre de l'autre main ce que l'on donne", a-t-il dit. De plus, a ajouté le président du MR, avec cette mesure le PS s'en prend également au "locataire" sur qui retombera la charge. La mesure constituera pour lui un frein à l'accès au logement, a-t-il jugé.

Charles Michel a rappelé que le MR préconisait des baisses de charges de 5 milliards d'euros "pour les gens qui travaillent, qui ont des revenus faibles et moyens, et pour les PME".

Le PS veut amplifier une relance qui doit profiter à tous

Le parti socialiste a présenté jeudi à la presse son programme socio-économique pour les élections. Il préconise une revalorisation du pouvoir d'achat des petits allocataires et de 70% des travailleurs pour un montant de 3 milliards d'euros obtenus grâce à une réforme fiscale "juste". Outre la revalorisation du pouvoir d'achat, le PS propose un certain nombre de mesures ciblées pour la création d'emplois.

En oeuvrant sur le bonus à l'emploi, social et fiscal, plutôt que sur la quotité exemptée d'impôt, jugée trop linéaire, il promet une revalorisation du pouvoir d'achat de 3,1 des 4,4 millions de travailleurs du pays, à hauteur de 2,25 milliards d'euros. Ce bonus serait majoré pour les jeunes travailleurs, et les âgés. A titre d'exemple, un jeune travailleur toucherait 158 euros nets en plus par mois, une infirmière avec 4 ans d'ancienneté, 106 euros, un enseignant 87 euros, un ouvrier contractuel en fin de carrière 180 euros. A côté de cela, le PS propose des allocations "décentes" (invalidité, pension, Grapa, RIS, handicapés, chômage) majorées de 750 millions d'euros.

En vue de soutenir la création d'emploi, il préconise la "suppression des intérêts notionnels" dont il évalue le coût net à 1,5 milliard d'euros. Les PME conserveraient le même montant de 220 millions d'euros dont elles bénéficient à travers les intérêts notionnels sous la forme d'une augmentation de dispense de versement de précompte en cas de maintien du volume de l'emploi. En plus de cela, il suggère des baisses de cotisations ciblées sur l'emploi des peu qualifiés, des jeunes et des bas salaires pour 700 millions d'euros, et 580 millions d'euros en soutien à la formation et l'innovation.

Pour financer leur programme, les socialistes misent sur 1,5 milliard d'euros supplémentaires de taxation du capital, et 1,5 milliard d'euros en plus engrangés dans la lutte contre la fraude. Un "impôt sur la fortune" d'1% maximum visant les quelque 80.000 patrimoines d'1,25 million d'euros et plus (hors habitation et bien affecté à l'activité professionnelle) doit rapporter 400 millions d'euros. Le PS remet cet impôt dans son programme depuis dix ans et n'a jusqu'ici par réussi à l'obtenir dans un accord de gouvernement. Pourtant, il n'entraînera aucune évasion de capital, argumente Paul Magnette, soulignant que sur les 540.000 assujettis français à l'ISF, 812 ont quitté l'hexagone mais 312 y sont revenus. Partisan d'un cadastre des fortunes, le président du PS est d'avis que l'impôt sur la fortune pourrait déjà être récolté actuellement via la déclaration et les informations relatives aux primes d'assurance.

D'autres mesures visant les plus-values sur actions, les stock-options, les revenus définitivement taxés, la taxe sur les transactions financières sont censées ramener 1,1 milliard d'euros dans les caisses de l'Etat, soit 1,5 milliard en plus des 7,5 milliards en plus dégagés sur les revenus du capital durant cette législature. Misant notamment sur le renforcement de l'ISI et des Parquets et l'élargissement de la directive "épargne" à tous les produits financiers, le PS promet donc 1,5 milliards d'euros supplémentaires en provenance de la lutte contre la fraude.

En revanche, "pas de fiscalité verte", a indiqué le président Paul Magnette, évoquant l'"effet négatif" de ce type de mesures sur les bas et moyens salaires. Pas non plus de révision des taux d'imposition (IPP et ISOC).

Le président du PS a souligné que le programme du parti était "fondamentalement socialiste", clairement orienté "à gauche", mais "ni plus ni moins" que lors de précédents scrutins. Il feint ignorer la concurrence annoncée du PTB dont il n'a "pas encore lu le programme". Le président du PS entrevoit en revanche certaines "convergences" avec celui d'Ecolo, des "convergences à gauche".

Le MR qui propose 20 milliards d'euros de réforme fiscale, une "supercherie" selon Paul Magnette, reste la cible favorite du PS.

Le parti socialiste assure avoir préparé l'ensemble de ses mesures sur base des rapports du Conseil supérieur des Finances, de la banque nationale et du Bureau du plan. Il est disposé à le soumettre à la Cour des comptes pour analyse.