Le MR bruxellois n'est pas partisan du démantèlement de monuments liés au passé colonialiste de la Belgique mais il propose d'en juxtaposer d'autres et d'instaurer un devoir de mémoire à l'égard des victimes. Il a proposé mercredi d'adopter une approche dynamique des espaces publics, à travers laquelle seront juxtaposés différents témoignages de l'histoire, chacun à placer dans le contexte de son époque.

Pour le député bruxellois Gaëtan van Goidsenhoven, par ailleurs chef du groupe MR au Sénat et historien, "les éléments iconographiques présents dans l'espace public ne sont jamais que le reflet des valeurs d'une société à un moment donné. L'essentiel n'est donc pas de s'en prendre aux monuments, mais de travailler sur leur contextualisation historique et sur la transmission de connaissances de la période qu'ils incarnent".

En ce sens, les libéraux estiment "irréfléchis et inappropriés au regard de sa fonction", les propos du secrétaire d'Etat bruxellois en charge du Patrimoine, Pascal Smet, disant qu'il ne s'opposerait pas au déboulonnage des statues.

Pour le MR, il importe d'assumer l'histoire commune avec le Congo, d'en tirer les enseignements et d'instaurer un devoir de mémoire.

Le Mouvement Réformateur a avancé cinq mesures en commençant par la création de plaques explicatives et de QR codes concernant les monuments historiques, et le contexte de leur construction.

"Concernant les statues de Léopold II, il devra notamment être rappelé que le Congo belge se structurait notamment autour d'un régime basé sur la domination et l'exploitation des populations autochtones", a ajouté le député van Goidsenhoven.

Le MR plaide en outre pour l'installation de plaques commémoratives complémentaires à la recontextualisation pour rendre hommage à des personnages historiques qui ont lutté activement contre les exactions commises sous le régime colonial ou à certains groupes de victimes reconnues d'actes de violence.

Le MR est aussi favorable à la création de nouveaux monuments, dont des statues, dans l'espace public pour rendre hommage à la population congolaise.

Il souhaite conférer aux nouvelles avenues et rues bruxelloises des dénominations rendant hommage aux Congolais victimes d'actes de barbarie ou aux personnes s'étant notoirement illustrées pour leur résistance ou leur courage face à certains actes de violence.

Enfin, le MR propose d'ériger un mémorial symbolique rendant hommage à l'ensemble des victimes de la colonisation du Congo belge, en concertation avec un comité scientifique composé d'historiens, pour se baser sur des éléments qui font consensus au sein de la communauté scientifique.

Gaëtan Van Goidsenhoven se dit fermement opposé à la possibilité de déplacer les monuments présents dans l'espace public vers les musées. "Ce ne sont pas des hangars destinés à récolter les statues dont plus personne ne veut."