Bart De Wever et Theo Francken ont tous les deux émis l'idée, ce lundi 17 février, de la création d'un "front flamand". Un appel du pied à leurs partenaires de coalition en Flandre qui n'a pas été forcément accueilli chaleureusement par l'Open Vld et le CD&V. Le son de cloche est plus ou moins semblable du côté de la presse néerlandophone. Revue de presse des médias du Nord du pays.

Le jeu du "nous contre eux", dénonce De Standaard ce mardi 18 février au sujet de l'appel de la N-VA. Soulignant l'utilisation d'une "rhétorique de guerre", le journal reproche à certains d'avoir "la mémoire courte", faisant l'impasse sur ce qui s'était passé il y a cinq ans, lorsqu'une majorité flamande "a mis de côté le plus grand parti wallon". Pour De Standaard, l'idée d'une alliance entre les Flamands n'est pas source de solution et ne mènerait, au contraire, qu'à un blocage. "Contre-productif pour le sentiment d'unité", insiste le quotidien, qui estime que la N-VA nuit à sa crédibilité en se comportant de la sorte avec de potentiels futurs partenaires de coalition. "Un ou plusieurs partis devront changer leur fusil d'épaule", ajoute encore De Standaard.

Dans son édito, Het Nieuwsblad souligne également l'utilisation d'un "vocabulaire de guerre" par Bart De Wever, pointé du doigt par les autres partis flamands. Le quotidien note toutefois que de l'autre côté de la frontière, l'on utilise également un tel langage, en parlant d'un "diktat" de la N-VA. "Cette rhétorique est représentative des rapports qui sont entretenus au niveau fédéral", écrit Het Nieuwsblad. Ce qui inquiète le quotidien, ce n'est pas tant la façon dont les politiciens du Nord et du Sud du pays se tirent dessus à boulets rouges, mais la façon dont ils ne sont plus capables de se comprendre tant ils se sont repliés sur eux-mêmes.

"Une déclaration de guerre" pour entamer la campagne électorale

Het Belang Van Limburg voit clair, quant à lui, dans les ambitions des nationalistes et de leur "front flamand". "Cette union a un objectif ultime: prouver que le confédéralisme est le seul moyen de sortir de la crise actuelle", souligne le quotidien limbourgeois. Pour la N-VA, ce front flamand est "une sorte de levier pour atteindre davantage le démantèlement du pays". De Wever se baserait sur les résultats des élections pour mettre en avant les deux directions opposées qu'auraient choisies Flamands et francophones (la droite au Nord et la gauche au Sud). Mais pour Het Belang Van Limburg, ce raisonnement n'est pas tout à fait correct. "À première vue, un vote pour le Vlaams Belang est en effet un vote de droite, surtout en ce qui concerne l'identité et la migration", précise le quotidien. "Mais qu'en est-il du programme social de ce parti ? Le Vlaams Belang dépasse à ce niveau-là même les socialistes". Quoi qu'il en soit, Het Belang Van Limburg voit dans la "déclaration de guerre" de De Wever à l'égard des francophones les premiers signes de la mise en place de la campagne électorale en vue d'un possible retour aux urnes.

Pour Het Laatste Nieuws, le président nationaliste a fait preuve d'une "discrétion sélective", se refusant à tout commentaire sur les négociations fédérales, pour ensuite rompre ses voeux au moment où ça l'arrangeait le mieux. Selon le quotidien flamand, "Bart De Wever a fini par récolter ce qu'il sème". Après les déclarations intempestives de la N-VA au sujet des Wallons et la désertion du parti nationaliste du gouvernement Michel II, il n'est pas étonnant selon Het Laatste Nieuws que le PS et le MR se montrent réticents à l'idée de travailler avec De Wever. "Cela ne donne quand même pas le droit de quitter la table des négociations sur un coup de sabot", conclut tout de même l'éditorialiste, pointant du doigt la sortie de Magnette qui a précipité la fin de la mission de Koen Geens.