Le président du Vlaams Belang a été reçu par le roi Philippe ce mercredi matin.

Dès son arrivée au Palais vers 10h45, le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, a commenté sa venue critiquée par les partis traditionnels: "C'est la chose la plus normale au monde qu'un chef d'État invite le vainqueur des élections". "Je ne vais pas qualifier de 'spécial' quelque chose qui est normal", a-t-il ajouté. La question d'inviter - ou pas - l'extrême droite dans le cadre des consultations royales en vue de la formation du prochain gouvernement était restée en suspens depuis le scrutin de dimanche et les 18,5% des voix obtenues par le Vlaams Belang. 

"Si le Roi montre du respect vis-à-vis de notre programme et de nos électeurs en nous invitant, je témoigne de mon respect en venant l'écouter. Je viens écouter et nous verrons", a poursuivi le président du Belang.


"On était une bonne trentaine de journalistes, il y avait très peu de monde sinon. Il y avait bien quelques personnes qui travaillent à côté et qui sont venues directement quand elles ont appris ça ce matin. Elles sont mécontentes que ce soit le roi lui-même qui rompt le cordon sanitaire. C’est comme 1936, me dit-on", nous signale quant à lui notre journaliste présent sur place.

Vingt minutes après sa venue, Tom Van Grieken a quitté le Palais royal.


A l'issue du scrutin de dimanche, le Belang est le 2e parti au nord du pays, avec 18,5% des voix et 18 sièges à la Chambre. En 2003, le Vlaams Blok avait décroché le même nombre de sièges fédéraux - et 11,6% des voix - mais n'avait pas été invité par Albert II.

"Le principe, c'est que l'extrême droite n'est pas reçue au Palais", avait de son côté déclaré le constitutionnaliste Marc Uyttendaele, mercredi matin, dans Matin Première sur la RTBF. En Flandre, de plus en plus de voix s'élevaient néanmoins pour que le président du parti soit lui aussi consulté, en vertu du principe de neutralité que doit respecter le Roi.

La dernière rencontre officielle entre un souverain belge et un leader de l'extrême droite remonte effectivement à 1936. A l'époque, Léopold III avait invité Léon Degrelle, à la tête du parti Rex. En 1978, le roi Baudouin avait également invité Karel Dillen, président du Vlaams Blok, mais ce dernier avait décliné l'invitation en raison de l'aversion de son parti pour la monarchie.