Politique belge

Pieter De Crem et Kris Peeters ont étalé leurs désaccords dans les médias.

Rien ne va plus au CD&V… Le nouveau député européen et ancien vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) a affirmé mardi déplorer des propos du ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem (lui aussi chrétien-démocrate flamand) sur l’orientation à prendre par leur parti.

Pieter De Crem, un représentant de l’aile droite du parti, avait affirmé dimanche sur le plateau de la chaîne de télévision privée VTM que le CD&V devait rompre avec les standen sociaux-chrétiens classiques (CSC, mutuelle, etc.) et prendre une direction différente.

Le parti participe trop, d’après lui, à une “course au vert tendre”. Traduction : le parti est un peu trop proche des thèses sociales de la mutuelle et du syndicat chrétiens (dont le vert est la couleur).

Invité de l’émission De Ochtend (VRT), Kris Peeters a réagi aux propos du ministre de l’Intérieur. Il a rappelé que le CD&V avait mis sur pied un groupe de travail chargé d’étudier les raisons de son mauvais score lors des élections du 26 mai. Ce groupe doit aussi analyser les liens du parti avec le milieu associatif, son organisation et sa position. Un rapport est attendu en septembre. Les membres du parti devraient entre-temps s’imposer la discrétion, a souligné Kris Peeters, en se refusant à tout commentaire direct sur les propos de Pieter De Crem.

Très en verve ces derniers jours, ce dernier avait aussi affirmé dimanche qu’une coalition fédérale sans la N-VA n’était pas une option pour lui car cela serait “pour nous (les sociaux-chrétiens) intenable”, irréalisable et pas souhaitable. Le ministre CD&V voulait écarter le scénario d’un gouvernement fédéral composé de tous les partis sauf la N-VA et les formations extrémistes.

Crise existentielle

Cette petite passe d’armes entre démocrates-chrétiens flamands est révélatrice d’un malaise plus profond. Le CD&V n’a pas brillé aux élections et est en pleine crise existentielle. S’il devait être remis dans l’opposition au fédéral et au niveau flamand (en cas de coalition bourguignonne), il pourrait voler en éclats. Le président du parti Wouter Beke (par ailleurs ministre fédéral de l’Emploi) a déjà annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la tête du parti.

Il y a donc du flottement au CD&V, actuellement. Et la paralysie dans les négociations gouvernementales n’aide pas les démocrates-chrétiens à se fixer un nouveau cap politique. “On est en pleine léthargie et il faut vite en sortir”, s’inquiète un CD&V.