La ministre a annoncé sa démission ce lundi suite à son inculpation dans le dossier des "emplois fictifs". Voici les réactions politiques suite à cette annonce :


"Le geste de Joëlle Milquet l'honore"

Le président du CDH Benoit Lutgen et les responsables du parti ont déclaré dans un communiqué qu'ils sont "particulièrement attristés" par la démission de Joëlle Milquet.

"Le cdH, auquel elle donne tant et qu’elle incarne depuis sa création, salue le geste de Joëlle Milquet qui l’honore. Il permettra à Joëlle d’avoir toute la liberté nécessaire, sans pression extérieure, pour démontrer son innocence en toute sérénité et avec force. Nous connaissons depuis toujours son souci de la bonne gouvernance et sa parfaite intégrité. Faisant primer l’intérêt général sur toutes autres considérations personnelles, elle montre une nouvelle fois sa stature de femme d’Etat", a déclaré Benoit Lutgen.

Et d'ajouter : "Avec l’énergie qu’on lui connait, le cdH ne doute pas de la poursuite de son investissement total dans les combats qui lui tiennent à cœur. Dans ces moments particulièrement difficiles et injustes pour elle et douloureux pour ses proches, le cdH entend lui témoigner toute son affection et sa confiance en l’avenir".


"Un coup de tonnerre"

Pour le MR, Mme Milquet n’avait d’autre possibilité que de présenter sa démission, ce qui est l’usage dès lors qu’il y a inculpation.

Politiquement par contre, le MR "attend de la majorité PS-cdH qu’elle agisse rapidement pour mettre un pilote à la tête de l’enseignement francophone." Françoise Bertieaux, chef de Groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, réagit : « C’est un coup de tonnerre pour notre enseignement, car de gros dossiers sont en cours. Ainsi, alors que nous sommes à moins de deux mois de la période d’examens dans les écoles, un arrêté devait être signé ces jours-ci pour organiser les épreuves externes et éviter les fuites comme l’an passé. Qui va le signer ? Et quand pour que les écoles ne soient pas mises au pied du mur ? Il en va de même pour le dossier des places d’écoles dont fait l’écho la presse aujourd’hui même, la refonte du décret Inscriptions qui devait prochainement arriver au parlement, ou encore le Pacte d’excellence qui devait atterrir… Ce sont là des priorités qu’on ne peut laisser en suspens. Notre enseignement a besoin rapidement d’un pilote qui connaisse la complexité politique et la technicité de ces dossiers pour ne plus perdre de temps ! »

"Démission logique" selon Ecolo

"Cette démission est logique et (...) nécessaire pour le bon fonctionnement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En ce qui concerne le dossier judiciaire, c'est à la justice de faire son travail", précise le Chef de groupe Ecolo en Fédération Wallonie-Bruxelles Christos Doulkeridis. "D'un point de vue politique, cette affaire rappelle le besoin de transparence au regard de la composition et de la gestion des cabinets ministériels."

En ce qui concerne les compétences de la ministre, Ecolo appelle la majorité PS-cdH à prendre ses responsabilités. Au niveau de la culture et de l'enseignement, des processus de consultation des secteurs ont été mis en place depuis le début de la législature : le Pacte pour un enseignement d'excellence et "Bouger les lignes". Ceux-ci ont mobilisé les secteurs depuis des mois. "Il est hors de question que tout ce travail, réalisé par des acteurs de terrain, soit gâché", poursuit la députée Ecolo Barbara Trachte. "Nous demandons donc au gouvernement, et au cdH en particulier, d'assurer un suivi de ce travail."

Pascal Chardome (CGSP-Enseignement) redoute une succession difficile

Le président de la CGSP-Enseignement, Pascal Chardome, a dit lundi craindre une succession difficile à la tête de l'enseignement francophone après la démission surprise de Joëlle Milquet suite à son inculpation. "On avait toujours plusieurs fers au feu avec Joëlle Milquet et l'on travaillait à un rythme effréné", a-t-il commenté lundi après-midi, interrogé par l'agence Belga.

"Plusieurs chantiers étaient lancés et l'on craint, au niveau syndical, que pas mal de questions restent sans réponse même si on peut supposer une désignation rapide (d'un successeur). C'est pas vraiment rassurant. On craint que certains dossiers ne soient plus réglés dans les délais...".

L'UFAPEC insiste sur la poursuite du Pacte

L'Union francophone des associations de parents de l'enseignement catholique (UFAPEC) a insisté pour la poursuite du Pacte pour un enseignement d'excellence, ce vaste plan de réforme de l'enseignement francophone initié par la ministre cdH. "Nous souhaitons que ce qui était en chantier se poursuive et que l'énorme investissement des différents acteurs de l'enseignement n'ait pas servi à rien", a commenté Bernard Hubien, secrétaire de l'UFAPEC. "Ce n'était pas une petite affaire!".

Selon lui, faire table rase du travail déjà accompli conduirait inévitablement à une "crispation avec les acteurs de l'enseignement", a-t-il ajouté.

L'UFAPEC attend à présent de voir qui va succéder à Joëlle Milquet, notamment pour faire aboutir un dossier qui tenait particulièrement à coeur de l'UFAPEC, à savoir la révision du décret organisant les inscriptions dans le secondaire.