Politique belge

"Au nom du MR, j'appelle Elio Di Rupo à mettre fin aux dérapages du camp socialiste, à respecter l’intelligence de l’électeur et à mener une campagne propre et argumentée plutôt qu’à laisser le PS assimiler en permanence ses adversaires politiques à des nazis." A un mois des élections, les tensions se marquent et les déclarations des uns ne plaisent parfois pas aux autres. Dans cette optique, l'actuel ministre de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire Denis Ducarme a souhaité réagir, au nom du MR, à des propos récents d'Emir Kir (bourgmestre de Saint-Josse) et Jean-Pascal Labille (secrétaire général de Solidaris).

Le premier nommé avait comparé dans la semaine, sur une chaîne saoudienne, les contrôles et les descentes de police effectués à Bruxelles dans le cadre du Plan Canal aux pratiques sous l'Allemagne nazie. "Cela nous rappelle une autre période de notre histoire européenne, où les Allemands, pour connaître l'identité des Juifs, avaient commencé le fichage avant de les envoyer dans les camps de la mort", avait-il déclaré.

"Il n’a pas hésité à comparer la politique du gouvernement fédéral en matière de lutte contre le radicalisme au fichage des Juifs sous le IIIème Reich", tonne Ducarme auprès de LaLibre.be. Avant d'ajouter : "Je demande officiellement au président du parti socialiste Elio Di Rupo de faire revenir M. Kir sur les propos exprimés sur une chaîne d’information internationale."

Ducarme reproche à Jean-Pascal Labille d'accuser le gouvernement fédéral de racisme d'Etat, ce samedi, dans les pages des éditions du groupe Sudpresse. "Après le nouveau dérapage de M. Labille et après les récentes déclarations d’Emir Kir , j'appelle à la mise en œuvre d’une campagne propre, comparant les arguments et axée sur le fond en vue de produire un débat respectant davantage l’intelligence de l’électeur", demande Denis Ducarme.

Enfin, il appelle à un changement de comportement de la part du parti d'Elio Di Rupo quant "à une répétition indigne des formules consacrées de la députée Laurette Onkelinx évoquant 'le bruit des bottes' ou à celles du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort comparant le gouvernement fédéral au régime nazi à propos des mesures prises à l’égard des personnes condamnées pour terrorisme" pour "revenir à un débat politique qui ne voit pas le PS limiter son marketing politique à la recherche permanente du point Godwin en assimilant systématiquement ses adversaires politiques à des nazis."

"Si un député du MR n’avait fait que le dixième de ce qu’a fait Emir Kir, il aurait déjà été mis à pied", conclut le ministre.