Les socialistes, auteurs de la proposition initiale autour de l'IVG, devenue un des symboles du blocage fédéral, évoquent amèrement une "flibuste parlementaire", des "manœuvres dilatoires", qui "doivent cesser". Sans surprise, le parti répète via communiqué son point de vue à cet égard: le débat a lieu depuis de longs mois, des experts ont été entendus, la commission compétente a fait son boulot, le Conseil d'Etat a plusieurs fois rendu un avis qui n'est pas de nature à freiner l'avancée du texte. Autrement dit, il n'y a pas de raison d'encore faire trainer le vote via l'introduction d'amendements et un nouveau renvoi au Conseil d'Etat, pour empêcher ce débat de pourrir des négociations déjà pénibles en vue de la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale.

"Le droit des femmes à disposer de leur corps ne peut faire l'objet de marchandages. Il n'est pas acceptable non plus de malmener la démocratie et les institutions de notre pays. Un droit ne peut être monnayé", lancent les socialistes francophones via un bref communiqué. Ils évoquent un "dangereux précédent" d'utilisation dysfonctionnelle des institutions du pays, et insistent: le texte proposé "ne vise pas à encourager le recours à une IVG mais consacre cette liberté", il vise donc à respecter "les convictions de chacun et chacune".

Le texte, qui assouplit les conditions autour de l'IVG (notamment le délai dans lequel elle est autorisée) et dépénalise totalement cet acte pour la patiente et le médecin, cristallise les tensions entre potentiels partenaires au sein d'un futur gouvernement. Le CD&V, puis la N-VA, ont clairement fait savoir ces derniers jours qu'il s'agissait pour eux d'une affaire de gouvernement, et qu'ils ne pourraient envisager une coalition avec les partis qui voteraient en faveur du texte à la Chambre.

Parmi les autres partis, les avis sont partagés. Si le vote a lieu, les libéraux veulent laisser leurs députés le libre choix. La proposition est co-signée par des députés socialistes, libéraux, écologistes, DéFI et PTB, mais dans les rangs verts, le député Stefaan Van Hecke a laissé entendre lundi que tous n'étaient pas forcément en faveur du texte en l'état.