C'est une idée qui circule depuis un moment : permettre les autotests et les tests rapides pour alléger les restrictions sanitaires et rouvrir l'horeca. Il semble qu'on discute cette possibilité au sein du gouvernement.

Philippe Devos, président de l'Absym et du conseil médical, apporte des précisions : "l'idée n'est pas d'imposer les tests à tout moment mais de trouver des alternatives sécuritaires afin de, soit ouvrir l'horeca plus vite, soit d'éviter de devoir refermer [celui-ci]". C'est "un plan B", indique Devos, pour "pouvoir continuer à ouvrir et peut être augmenter la capacité des restaurants à accueillir des gens. Bien sûr je ne propose pas de faire ces tests pendant les 20 prochaines années", précise le directeur adjoint du service soins intensifs au CHC Liège.

Fabian Hermans, administrateur de la fédération horeca Bruxelles, s'est dit contre cette idée. Un avis partagé par les trois fédérations horeca, selon RTL. "Nous ne sommes pas pour. Nous n'avons pas le personnel ni les compétences pour faire ce genre de tests. Nous, ce qu'on veut c'est rouvrir l'horeca et le plus rapidement possible. Que ça soit avec l'une ou l'autre manière mais pas avec des tests", insiste-t-il. On "manque de moyens" notamment à cause du "personnel restreint".

Pour Fabian Hermans, c'est "aujourd'hui au gouvernement de prendre ses responsabilités et d'accélérer la vaccination. On a l'impression qu'on est occupé à s'enliser dans la vaccination mais il serait peut être temps de l'activer et de l'accélérer pour tous ceux qui veulent bien le faire! Et à ce moment-là, ça nous permettrait de rouvrir."

"C'est stupide !"

David Clarinval, vice-premier et ministre des Indépendants et des PME, a participé à l'émission en visioconférence.

"Mon souhait est d'ouvrir les restaurants le plus vite possible. Donc, en effet, il faut accélérer la vaccination mais il faut aussi étudier des protocoles qui permettraient d'ouvrir le plus rapidement possible", insiste-t-il. "L'usage des tests rapides, nous le réclamons au gouvernement depuis très longtemps ! Il faut savoir que c'est déjà possible en Allemagne et qu'on peut aller en acheter à Aldi tous les jours ! Même ici près de chez moi, à Charleville, on peut aller en pharmacie pour acheter des tests rapides donc c'est stupide de se priver de cette possibilité offerte par la technologie !"

Qui va tester ?

Ce ne sont pas les propriétaires des établissements qui devront "faire le job", c'est à dire s'occuper des tests rapides des clients, précise le vice-premier. "Pour ouvrir l'horeca le plus vite possible, il faut qu'on étudie les protocoles dans lesquels les tests rapides pourraient être l'un des éléments [déterminants]. Ce ne sera pas le seul élément déterminant, ni obligatoire, mais par exemple on pourrait dire que les clients font l'autotest chez eux avant de se rendre au restaurant et s'il est vert, ils peuvent rentrer dans l'établissement", imagine Clarinval.

"Ca ne nécessitera pas nécessairement un gros travail du restaurateur puisqu'on ne va pas faire des files devant les restaurants. Et le restaurateur ne va pas demander à chaque client de se faire tester, ça je ne suis pas d'accord ! On veillera à ce que ces tests ne soient pas une charge pour le restaurateur", annonce le libéral. "Je choisis de faire confiance aux Belges et je pense que les gens qui feront un autotest dont le résultat est positif resteront chez eux."

Des annonces qui ont semblé rassurer Fabian Hermans, qui reste toutefois prudent :"nous ne demandons pas une obligation de la vaccination, mais ce serait plus simple pour nous", explique-t-il. "Maintenant, si les clients se testent à la maison et viennent au restaurant, ce serait mieux, mais à voir comment ça peut se dérouler en pratique."

Des tests toujours interdits

Pour le moment, les autotests sont interdits en Belgique. "Il va falloir réfléchir aux endroits où nous pourrons acheter les autotests: en supermarché comme en Allemagne ou bien dans des pharmacies comme en France ?", se demande le ministre. L'horeca attend impatiemment la réponse.