Alain Destexhe a sorti la semaine dernière un essai intitulé “L’Avenir de nos régions. Croissance ou déclin ?”. L’ultra-droitier député bruxellois MR y plaide pour une réduction progressive de la taille du secteur public de 160 000 unités, et pour la création d’un emploi équivalent dans le secteur privé. Des propos qui ont fait bondir Dominique Cabiaux, vice-président de la CSC Services publics : “D’abord, j’ai pu constater qu’Alain Destexhe ne savait pas ce qu’il y avait dans ses livres. Vu qu’il ne les écrit pas lui-même, il a du temps pour en lire”, balance le syndicaliste chrétien.

“Il verrait alors que les politiques de libéralisation mènent à la fin des solidarités et ne sont pas efficientes. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont des institutions pas vraiment de gauche. On sortira de la crise par le haut en réinvestissant dans la solidarité, qui repose sur la démocratie sociale, qui elle-même s’arc-boute sur les services publics. Je n’ai pas de tabous, on peut supprimer des postes, si c’est concerté en amont, et pour autant qu’on réaffecte les gens. Mais c’est quoi cette idée mythique qu’on peut aller chercher 160 000 personnes dans un placard de l’administration et qui ne font rien ? Où compte-t-il supprimer des postes ? Dans les prisons ? Chez les pompiers ? Il n’y a pas 160 000 allumeurs de réverbères ! Vise-t-il les administrations générales comme les finances ? On sait pourtant que, faute de contrôles, des milliards d’euros échappent au fisc. Tout cela coûte, oui, mais c’est un choix politique. Quand il a fallu sauver les banques, on a pu trouver de l’argent.”

Des propos pour le moins violents auxquels l'intéressé a tenu à répondre à Lalibre.be.

"D'abord, pourquoi me qualifier de "Député ultra-droitier?"" rétorque Alain Destexhe dans ce droit de réponse. "Je fais des propositions qui sont toutes dans la ligne des Sarkozy, Merkel, Cameron ou de l'UMP. Pourquoi faut-il que ces opinions reconnues dans ces pays soient qualifiées d'ultra droite dans notre Wallonie socialisante? J'ai écrit vingt livres, la grande majorité moi-même. Quelques uns ont été co-écrits mais ce fut toujours annoncé clairement. Le dernier, " L'avenir de nos Régions. Croissance ou déclin ? " a été co-écrit avec des économistes, fonctionnaires wallons et bruxellois, certains socialistes, inquiets de l'évolution économique de Bruxelles et de la Wallonie."

Le député MR bruxellois poursuit: "Je ne propose aucun licenciement mais seulement le non-remplacement d'une partie des fonctionnaires partant à la retraite afin d'atteindre une fonction publique comparable à celle de la Flandre, de l'Allemagne ou des Pays-Bas qui ont pourtant des protections sociales supérieures à celles des Wallons ou des Bruxellois et une fonction publique plus performante."

Balle au centre.