Les discussions ont été tendues, ce mercredi 14 avril, au sein du Comité de concertation. "Ça chauffe et ça bloque", nous confiait, dans la matinée, une source bien informée. Mais après plus de 6 heures de débats, le Comité de concertation est parvenu à un accord concernant les assouplissements des prochaines semaines.

"Nous avons opté pour une approche prudente, en mettant l'accent sur la confiance", a débuté Alexander De Croo (Open Vld), au cours de la conférence de presse.

Pour justifier ce choix de la précaution, le Premier ministre a pointé la situation dans les hôpitaux. "On peut difficilement dire que l'on a reçu des bonnes nouvelles ces derniers jours", a-t-il regretté, en citant plusieurs exemples. "La pression reste très importante. (...) C'est clair que le visage de la pandémie a changé, nous ne combattons plus le même virus. C'est la virulence des variants qui nous a notamment poussés à acter une pause de plusieurs semaines pour Pâques. La bonne nouvelle c'est que ces mesures nous ont aidés. Les contaminations ont baissé ces dernières semaines, les hospitalisations commencent également à descendre. On n'est clairement pas dans une situation exponentielle. Nous avons peut-être dépassé le pic. Mais ce n'est pas encore clair."

Le libéral a mis en garde malgré tout: le virus circule toujours énormément dans notre société. Le plan de déconfinement détaillé ci-dessous se fera donc par étapes et selon certaines conditions.

19 avril

  • Retour à l'école en présentiel à 100% dans l'enseignement maternel, primaire et pour le 1er degré du secondaire
  • Retour à l'école à 50% en présentiel (et examens en présentiel) pour le 2ème et 3ème degré du secondaire
  • Pour le primaire et le secondaire: possibilité d'activités extra-scolaires à l'extérieur
  • Pour le supérieur: 1 jour par semaine en présentiel et examens en présentiel
  • Voyages non-essentiels ne seront plus interdits, mais resteront vivement déconseillés (au retour d'une zone rouge: test obligatoire au jour 1 et au jour 7, 7 jours de quarantaine obligatoire - contrôles de police et amende de 250 euros en cas de non-respect)

26 avril

  • Commerces ouverts sans rendez-vous, shopping à deux personnes maximum du même foyer
  • Ouverture des métiers de contact non médicaux
  • La bulle à l'extérieur passe à 10 personnes (4 avant cette date)
  • Projets pilotes dans différents secteurs (notamment la culture, l'événementiel et le sport)

8 mai

Si les deux conditions sont remplies (7 personnes sur 10 de plus de 65 ans vaccinées et protégées + "situation normalisée" dans les soins intensifs), le plan plein air pourrait être lancé:

  • Fin du couvre-feu
  • Minuit à 5h: jusqu'à 3 personnes à l'extérieur (n'étant pas du même foyer) ou entre membres du même foyer
  • Activités dans un contexte organisé à l'extérieur avec un entraîneur, encadrant ou surveillant : 25 personnes maximum
  • Sport sans public
  • Restaurants et cafés: ouverture des terrasses (avec maintien des aides financières)
  • Evénements, buffets et réceptions, représentations culturelles et cultes: 50 personnes maximum à l'extérieur
  • Brocantes et marchés aux puces
  • A l'intérieur: bulle deux contacts rapprochés du même foyer
  • Pour les enfants et jeunes: 25 personnes maximum à l'extérieur (jusqu'à 18 ans inclus) et 10 personnes maximum (jusqu'à 12 ans inclus)

Début juin

Si les deux conditions sont remplies (la quasi totalité des plus de 65 ans et des personnes vulnérables vaccinées et protégées + une "situation normalisée" dans les soins intensifs), on pourra poursuivre le déconfinement:

  • Plus d'activités en plein air: culture et événementiel, marchés et foires, règles pour les camps d'été
  • Plan "intérieur": davantage de contacts sociaux, restaurants et cafés, événements, représentations culturelles et cultes, sport et fitness, possibilités de retour en entreprises, associations et services

© Comité de concertation

Le Codeco change de stratégie: "Il ne faut pas utiliser les méthodes du passé"

Le Premier ministre a expliqué que le Codeco avait décidé d'opter pour un changement de stratégie. "Il ne faut pas utiliser les méthodes du passé et il faut, désormais, se focaliser sur une gestion du risque", a-t-il détaillé. Il a toutefois admis que des efforts devraient encore être fournis par les Belges dans les semaines à venir. "Ces dernières semaines seront très difficiles à supporter, nous en sommes conscients", a-t-il ajouté.

Alexander De Croo a tenu également à rappeler quelle était la seule solution de sortie de crise: le vaccin. Un discours qu'a soutenu le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit). "Il faut que la population se fasse vacciner", a-t-il appuyé. Il a apporté quelques précisions quant aux dernières annonces concernant le vaccin Johnson&Johnson. Le socialiste a affirmé que cela n'impacterait pas la campagne de vaccination en Belgique.

"J'ai pleinement confiance que si nous continuons à suivre le train européen, que notre campagne de vaccination pourra avancer pleinement", a-t-il ajouté. Pour lui, il est essentiel que non seulement la vaccination avance mais également que la situation dans les hôpitaux s'améliore pour pouvoir mettre en place les assouplissements du 8 mai.

"Il faudra veiller à ce que tout le monde reste bien conscient de la nécessité de poursuivre le combat contre ce virus", a conclu le ministre de la Santé, appelant tout le monde à rester solidaire.


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