Christophe Dister (MR, député wallon) et Tim Vandenput (Open VLD, député fédéral) souhaitent lancer le débat sur la refédéralisation de certaines compétences. Leur démarche conjointe, un "plan BE", est présentée jeudi dans les quotidiens Le Soir et Standaard, au lendemain de propos similaires tenus par le ministre libéral Alexander De Croo (Open VLD) dans la presse.

"Le débat entre régionalistes, communautaristes et fédéralistes est un débat du passé, dont les citoyens se foutent complètement. Les Belges se moquent de savoir qui exerce les compétences, ils veulent que ça fonctionne", argumente Christophe Dister. "On veut en fait remettre tout le système à plat. Et confier chaque compétence à un seul niveau de pouvoir, celui où elle sera exercée le plus efficacement", détaille-t-il

Selon Tim Vandenput, "le plan A, c'était le démantèlement de l'Etat fédéral, il a atteint ses limites. Il est temps de passer au Plan BE".

La démarche des élus est personnelle: ils souhaitent provoquer le débat en politique ainsi qu'au sein de leur parti.


Paul Furlan revient sur ses propos sur une éventuelle régionalisation de l'Energie

Le ministre wallon en charge de l'Energie Paul Furlan a souhaité nuancer les propos qu'il a tenus jeudi matin sur les ondes de La Première à propos d'une régionalisation de l'Energie, pour laquelle il n'est pas favorable de manière "accrue". Certains politiques, MR et Open VLD entre autres, ont demandé ces derniers jours de refédéraliser certaines compétences, dont celle de l'énergie. "Je souhaite préciser les propos que j'ai tenus ce matin: je ne suis pas favorable à une régionalisation accrue de la politique énergétique. Dans le cadre institutionnel existant, nous devons chacun œuvrer pour mettre en œuvre nos compétences le mieux possible. Je regrette que certains ministres fédéraux choisissent de relancer les discussions institutionnelles pour masquer leur inaction politique. La priorité, aujourd'hui, c'est d'agir au bénéfice des citoyens et en aucun cas de relancer des discussions communautaires. Nous ne sommes pas favorables à une 7ème réforme de l'Etat", a-t-il souligné dans un communiqué rectificatif.

Paul Furlan avait évoqué jeudi matin sur La Première une régionalisation totale de l'énergie, regrettant que les budgets alloués aux Régions par le fédéral dans le cadre des accords conclus début décembre par les quatre ministres de l'Energie et de l'Environnement sur la répartition de l'effort climatique à produire d'ici 2020, ne suivaient pas.

"Ce qui créé des problèmes aujourd'hui, ce n'est pas la Flandre, ce n'est pas la Wallonie, ce n'est pas Bruxelles, c'est le fédéral! (...) Le fédéral dispose de sommes bloquées sur un compte (..) qui sont à destination des Régions (ayant trait aux quotas de CO2, ndlr). La Wallonie, dans cet accord, doit avoir 117 millions. Je pense que cette prise de position unilatérale du fédéral (de bloquer cette somme), ndlr) n'est pas correcte car elle ne respecte pas l'accord. Elle est irresponsable dans la mesure où ces moyens sont nécessaires pour mieux isoler, demain, nos bâtiments publics, nos hôpitaux, nos écoles... donc ça ralentit tous les dossiers. Et quelque part, le gouvernement fédéral est un peu méprisant envers les travailleurs, la fonction publique, les communes, avec le tax shift notamment, et tous les Wallons parce que cet argent est absolument nécessaire. Nous en avons besoin pour investir et rencontrer nos objectifs européens", avait souligné le ministre wallon.


Le MR n'est pas demandeur d'une 7e réforme de l'Etat

Le MR n'est pas demandeur d'une 7e réforme de l'Etat, a indiqué le porte-parole du mouvement réformateur à l'agence Belga. Alors que certains politiques se positionnent ces derniers jours en faveur d'une refédéralisation de certaines compétences, le parti libéral francophone a souligné que l'institutionnel avait été mis de côté jusqu'en 2019 et que le député libéral Christophe Dister, qui s'est exprimé en ce sens dans Le Soir ce jeudi, "s'est exprimé à titre personnel". "L'institutionnel a été mis de côté jusqu'en 2019. Nous ne souhaitons pas ouvrir de débat à ce sujet maintenant", a ajouté Christophe Cordier, au nom du MR.

"Dans nos programmes, nous avons toujours plaidé pour une structure institutionnelle fondée sur quatre grands principes: la simplification, la légitimité, l'efficacité et la responsabilité. En ce sens, si une 7e réforme de l'Etat était réclamée par certains partis, le débat devrait porter non sur ce que l'on régionalise ou réfédéralise mais sur la question 'que faut-il faire pour que cela fonctionne de façon plus efficace et plus cohérente, dans l'intérêt des citoyens'? ", indique le parti.


Tommelein: "Pas un point de vue officiel du parti"

Le vice-ministre-président flamand Bart Tommelein (Open Vld) a réagi froidement au plaidoyer du député libéral flamand Tim Vandenput pour la refédéralisation publié jeudi dans les quotidiens Le Soir et De Standaard. "Ce n'est pas un point de vue officiel du parti et il n'est pas prévu de tout refédéraliser à nouveau", a-t-il souligné dans De Ochtend sur Radio 1. Quelques hommes politiques de l'Open Vld se sont exprimés ces derniers jours en faveur d'une refédéralisation de certaines compétences. Le vice-premier ministre Alexander De Croo a plaidé mercredi pour une refédéralisation de certaines compétences comme la mobilité, le commerce extérieur, la politique climatique ou la sécurité, au nom d'une meilleure efficacité.

Les députés Tim Vandenput (Open Vld) et Christophe Dister (MR), respectivement bourgmestres de Hoeilaart et de La Hulpe, ont annoncé qu'ils lanceraient même un plan BE fin août, pour plus de Belgique.

Bart Tommelein se distancie de ce projet. Il a avancé des arguments contre la refédéralisation de l'énergie, son domaine de compétence. "La politique de l'énergie va de plus en plus se décentraliser. On reçoit davantage de production décentralisée. Il faut donc créer des partenariats commerciaux. Il n'est donc pas question de structures, mais bien de voir comment nous pouvons travailler le plus efficacement possible et de la manière la plus constructive qui soit", a-t-il dit sur les ondes de Radio 1.

Le ministre flamand souscrit plutôt à l'idée de Vincent Van Quickenborne qui plaide pour davantage de responsabilités des villes et des communes.